COUP D'OEIL

Back to black Santo

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Elle ne savait pas que l’enfer, c’est l’absence.” Paul Verlaine

Il était 20 heures, je comptais déjà les minutes sous ma couette pour dormir. Je voulais non seulement me réveiller tôt le lendemain pour aller travailler et fuir l’affreuse mélodie des moustiques.

À Santo 19, 20 heures, est une heure tardive. Car le plus souvent, sans électricité, les habitants de la zone évitent de plus en plus de veiller tard pour ne pas avoir à affronter les voleurs déguisés en chauffeurs de moto la nuit, n’hésitant pas à profiter de la noirceur pour agresser les passants et parfois même leur propre passagers.

Ayant moi-même été victime, j’ai été obligée de réduire la fréquence de mes activités en ville et, du coup raté de temps en temps quelques cours à la fac pour ne plus revivre cet événement fâcheux. C’est ainsi que je me suis trouvée, couchée à 20 heures, sur mon lit derrière l’écran de mon téléphone voulant m’évader de mes pensées anxieuses, de mes notes à la fac et la rédaction de mon avant-projet de mémoire..

Amy Winehouse

J’ai rencontré ainsi Amy Winehouse dans un documentaire racontant sa vie. Elle était une chanteuse londonienne au style punk, avec une choucroute sur la tête et des tatouages exotiques. Mais elle est surtout une belle femme avec une voix qui réveille en moi des sentiments les plus inconnus. C’est en feuilletant le Magazine ELLE à la bibliothèque que j’ai découvert le nom de cette chanteuse. J’ai dépassé mes 20 heures, l’heure maximale du coucher, pour continuer les recherches sur le parcours de cette femme.

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Les trémoussages de son corps anorexique sur une scène de Rio me renvoient à ma situation, la situation de ma zone, la situation du pays. Un pays pauvre qui à la manière d’Amy se trémousse sur une scène politique, sous le regard inquiet, mais silencieux des grandes puissances internationales, et sous la pression des dirigeants corrupteurs.

Au milieu du jeu nauséabond que jouent les vautours de la politique en Haïti, je me sentais dans un trou noir. Dévastée. Je ne savais pas si c’était sa musique, ou la conjoncture du pays, qui me poussait à regarder en face le destin funeste que veulent nous faire subir les politicards qui dirigent le pays. À l’instar de la Diva dans sa chanson Rehab, le pays, je pense veut bien se reprendre.

” Un pays pauvre qui à la manière d’Amy se trémousse sur une scène politique, sous le regard inquiet, mais silencieux des grandes puissances internationales, et sous la pression des dirigeants corrupteurs. “

En attendant, je me laisse bercer par les douces mélodies de Back to Black avant de me réveiller et de combattre la cherté de la vie quotidienne.

Naïza Fadianie Saint Germain

nazafadianie@yahoo.com

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