COUP D'OEIL

Impact des femmes dans l’évolution du tourisme

Dans l ‘aristocratie anglaise, les hommes étaient les seuls à prendre des décisions au niveau du secteur touristique. Les hommes seulement qui avaient le droit de voyager. Les pirates, les corsaires, les princes parcouraient le monde alors que les femmes apprenaient à être une bonne épouse. Cependant, vers les années 50, les femmes ont choisi de s’investir elles-aussi en créant les opportunités nécessaires pour y trouver leur place. Elles se préparent, s’instruisent et réclament leur droit au travail. Depuis, elles font des efforts considérables pour tenir la barre très haut.

Ce texte démontre comment certains efforts ont favorisé l’émergence des femmes dans l’industrie touristique et le résultat qu’elles ont récoltés..

Destruction du plafond de verre

À un certain moment, la femmes s’étaient concentrées sur les tâches ménagères et l’éducation de l’enfant. La vie de femme au foyer devenue lassante, elles se sont révoltées en réclamant le droit à un salaire, ce qu’elles obtiennent en 1907. Toutefois, elles étaient contraintes de travailler sous l’accord de leur mari selon une nouvelle loi mise en vigueur en 1965, suite au droit de vote acquis en 1950 en Haïti. Elles subirent les ségrégations professionnelles, l’écart salarial, le congé maternel qui leur valut parfois leur poste. Il devenait difficile d’articuler vie professionnelle et responsabilités familiales. En 1972, après de rudes combats, une loi impose enfin le même salaire pour un même travail, que l’on soit homme ou femme.
C’est ainsi que les femmes débutent dans les différents secteurs de production. Elles font leur entrée spectaculaire dans le secteur de l’hôtellerie avec le développement de l’industrie touristique. Elles s’épanouissent et s’investissent. Elles deviennent alors le centre des attentions et des luttes, car elles sont nombreuses à occuper des postes à responsabilité. Alors l’égalité devient une question politique et éthique, un gage de progrès économique et de durabilité. Elle constitue le 5ème objectif du développement durable des Nations Unies : “Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles”. Un principe qui tend vers l’autonomisation, l’élimination des discriminations fondées sur le genre et la lutte contre les stéréotypes.

Productivité et réglementation

La présence des femmes dans une entreprise touristique est un moyen non négligeable de défendre ses droits et d’obtenir des améliorations de conditions de travail. Le secteur gagnerait beaucoup en termes d’innovation avec la participation de nombreuses femmes à des postes de décision. Dans les années 50, alors que des villages sont frappés par l’exode rural, les fermes se convertissent en habitat touristique. Les agricultrices ont trouvé à part une activité de complément, un revenu leur permettant de gagner leur indépendance. S’appliquant à leur tâche, elles ont fait revivre l’authenticité existentielle à travers les plats du terroir, la transmission de l’identité culturelle, des connaissances dites empiriques et des savoir-faire.
Dans le monde du travail, elles sont majoritaires dans des postes de service. Elles ont poursuivi avec les métiers d’artisans, commerçantes dans les boutiques de souvenirs et gagnent un peu de liberté et s’ouvrent au monde. Elles se sont spécialisées dans le tourisme de bien-être, du développement personnel et du tourisme de beauté jusqu’à atteindre des postes de décideurs. Certaines ont insisté sur la nécessité de prendre en compte les publics familiaux dans l’offre touristique en développant des services d’informations, des aménagements pour les familles. Elles font des innovations jusqu’à devenir entrepreneures et occuper des postes publics.
Au ministère du tourisme en Haïti, l’actuelle ministre Myriam Jean succède à Marie-Christine Stephenson. L’association touristique d’Haïti est présidée par Raina Forbin et Eunice Cincir est PDG de SCO-Tour Haïti. Des associations qui promeuvent les activités et les métiers du tourisme. Dans la littérature, on trouve George Sand (1834) qui décrit ses voyages à Venise et aux Baléares et Saskia Cousin (2009) émet des théories scientifiques de ses recherches sur la sociologie du tourisme.

La lutte continuelle vers l’autonomie

Des recherches ont démontré que les femmes subissent de forts stéréotypes dans les emplois du secteur où elles occupent les meilleurs postes. Le baromètre indique également que 13% seulement des femmes sont cadres et parmi elles 55% estiment que l’égalité professionnelle et la mixité est favorisé dans les hôtels en Haïti. Selon l’OIT, 60% de la main d’œuvre en hôtellerie sont des femmes. En sachant qu’une réelle politique de diversité est généralement mise en place, trop peu d’entre elles occupent des postes de direction. Une situation injuste renforcée par des inégalités salariales et des emplois plus précaires et informels.
La venue du tourisme durable lutte contre ses formes d’inégalités. Avec sa forme équitable et solidaire, il défend une vision inclusive, une parité hommes/femmes et un accompagnement vers plus d’autonomie pour une question d’équité et de justice, axes centraux du développement durable. La PNUD (2014) , à travers le texte Actes de colloques, promeut un modèle de managemen collectif, pour développer un tourisme durable avec des projets comme la gestion de l’eau, la protection de l’environnement, la lutte contre la pauvreté et la préservation des cultures. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est l’accès au financement: micro finance, formations, réseaux et accompagnement. Là où le sens de la compétition stimule les hommes, les femmes doivent pouvoir s’affirmer et gagner en assurance.

Geneviève FLEURY

Références
Bertrand Réau et Saskia Cousin, sociologie du tourisme, 2009, Collection Repères, 128 pages
Nouvelliste, publication du 21/22 juin 2021
Penser et lutter vers une Haïti sans pauvreté, 2014, Actes des colloques, PNUD.

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