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#RegretMaternel: le ras-le-bol des mères

On les connait tous les mythes autour de la maternité. L’un des plus connus est celui qui veut faire croire que les femmes sont nées pour être mères. Par conséquent, de telles conceptions empêchent des femmes de s’exprimer sur leurs expériences parfois mitigées wède la maternité. Plus d’une se tait et se plaint en silence; d’autres plus braves partagent leurs déductions peu éblouissantes de la maternité. Ce mardi 29 mars, une pléthore de griefs de ce genre a été exprimée sur Twitter à travers le hashtag #RegretMaternel.

Tout est parti d’un tweet, celui de @DocMarmottine. « Depuis mon enfance, j’ai toujours rêvé d’être mère, je pensais avoir un “instinct maternel” (…) et j’attendais que ça. Bah p*****, la désillusion », écrit-t-elle sur sa page. Bien sûr, d’autres Tweets ont suivi, d’autres femmes en ont profité pour exprimer leurs pensées. Encouragées par @Fables_21e, une utilisatrice qui s’empresse de soutenir et de partager le témoignage dès le lendemain, les femmes ont été invitées à raconter leurs histoires derrière le hashtag #RegretMaternel. Des réactions différentes ont enchaîné après une large diffusion du hashtag.

En plus de ces mères qui ont profité du hashtag pour s’exprimer, d’autres en ont profité sur la toile pour se réaffirmer en tant que mères, et même tenter de s’en prendre à celles qui partagent le hashtag. Brandissant un discours selon lequel les femmes dominent plus que jamais leurs corps et qu’elles auraient pu choisir de ne pas enfanter au lieu de tomber dans un quelconque désenchantement (bien sûr sans tenir compte que le droit à l’avortement sur et sécurisé n’est pas encore acquis partout). D’autres internautes voient aussi un affront aux couples souffrant de troubles de la fertilité.

La sociologue Orna Donath, auteure de l’ ouvrage « Le regret d’être mère », initialement sorti en 2015 avait soulevé le tabou des tabous dévoilé dans un ouvrage qui expose les témoignages de 23 mères, âgées de 25 à 75 ans. Déclarant ne plus vouloir faire l’ expérience de la maternité tant le poids est lourd, la maternité est perçue par ces mères comme un passage qui n’est pas auréolé que de bons moments dont on ne voudrait pas que les souvenirs s’effritent. Souvent, elle est aussi la somme d’insomnie, de dépression, d’impuissance face aux maladies, de solitude, pour ne citer que cela. Or, un autre tabou subsiste, celui de faire croire aux mères que se plaindre de toute la charge mentale à laquelle elles font face et autres, équivaudrait à une haine pour leurs enfants, a fait ressortir l’auteure.

Il faut dire que de nombreuses femmes veulent aller à l’encontre des sentiers battus et bouder cette injonction à la maternité envahissante. En Haiti, plusieurs témoignages ont été recueillis en ce sens dont celle de la féministe Gaëlle Bien-Aimé, qui a soutenu, dans un article paru dans Loop Haiti, en avril 2020, que  « la maternité n’est pas un passage obligé ni une fatalité ».

Rappelons qu’une aversion similaire face au partage de #RegretMaternel a surgi dans les commentaires suite à la publication de l’article. Quoi qu’il en soit, n’est-ce pas de son plein droit de mettre en lumière une société qui rend la parentalité pénible pour les mères, ou simplement se plaindre?

Darline Honoré

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