Dans ce recueil de nouvelles, Kettly Mars poursuit l’exploration de ses thèmes favoris comme l’enfermement, l’homosexualité et la transgression des tabous. Avec la maîtrise que confèrent de longues années d’écriture, elle a composé ces quatre histoires qui sont chacune un bijou ciselé et poli avec passion. « Et tant pis pour la mort » : les nouvelles de l’Àge mûre de l’auteure Kettly Mars. Un plaisir de lecture. Du grand art. Ce livre est aussi disponible en version epub sur Amazon.com – résumé de C3 éditions.

Kettly Mars, femme auteure haïtienne dont le travail se passe de présentation aujourd’hui, écrit de la poésie, des nouvelles, des feuilletons et des romans. Nombreux sont ses livres qui ont été traduits en langues étrangères, allemand, italien, néerlandais, anglais, japonais, croate. Et quant à ses prix littéraires, ils sont nombreux égalements.

“Et tant pis pour la mort” est un recueil de nouvelles, publié dans C3 éditions, dans la collection zuit, en avril 2014. Ce petit ouvrage, qui ne fait pas cent pages, présenté en format, réduit, comporte quatre nouvelles. “Et tant pis pour la mort” qui porte le nom du livre, “Damballah aux reins”, “Dans l’antichambre du paradis”, et “Barbies blues”.

En écrivant la nouvelle “Et tant pis pour la mort”, l’écrivaine met clairement en valeur l’appréciation des femmes à l’égard des hommes afro-descendants. Culturellement, les femmes ont majoritairement aimé la fierté de leurs hommes, leur force et leur endurance quand il fallait prouver que ceux qui sont afro-descendants sont les meilleures. Parce qu’ils sont plus résistants aux maladies et sont les plus féconds. Mais en dépit de cet amour vis-à-vis de notre patrimoine génétique, les personnes du type caucasien nous surprennent certaines fois et certains d’entre-nous ont envie de leur soi-disant blancheur de peau.

“Elle le regardait de longues minutes. Elle ne pouvait s’empêcher de le regarder, même si elle sentait l’embaras de l’homme.

Mars, Kettly (2014). Et tant pis pour la mort. Port-au-Prince: C3 Editions, page 25.

Noire, blanche, métissée, bronzée, et tant d’autres termes pour catégoriser la peau d’un homme. En tant qu’afro-descendant, la peau noire a toujours été et sera encore sujet de débat, tout en abordant la quantité de mélanine, sans négliger l’endurance et la puissance sexuelle des hommes.

Ces derniers, étant populairement reconnus comme des bêtes en matière de sexe, sont très bien considérés par les femmes, surtout les blanches. Et comme des légendes, car rarement insatisfaites de leur performance, elles ont toujours de quoi se vanter. Et c’est ainsi que dans la nouvelle de Kettly Mars intitulée “Et tant pis pour la mort”, une femme de type caucasien nommée Malory qui a toujours été attirée par les hommes, afro-descendants, rêvait d’une progéniture à la peau basanée, des enfants du soleil et de la mer.

Elle aimait leur musique, leurs cheveux crépus, leurs lèvres épaisses, leurs membres durs et leur humour.

Mars, Kettly (2014). Et tant pis pour la mort. Port-au-Prince: C3 Editions, page 13, 14.

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Comme l’a si bien illustré Kettly Mars, la femme blanche étant étrangère sur la terre des noirs, était considérée comme une créature de rêve et la porteuse d’une descendance pure. “Et tant pis pour la mort” pointe le doigt sur ces stéréotypes qui nous détruisent. Ce texte montre comment nos compatriotes sont prompts à porter un jugement d’infériorité sur eux-mêmes et sont également prêts à sacrifier leur propre chaire et leur propre sang pour défendre des étrangers, en raison de leur aveuglante volonté de perpétuer une descendance pure et blanche.


“Et tant pis pour la mort” de Kettly Mars qui sera en vente ce samedi 19 octobre 2019 au Jaden Sanba, à la rue O, à partir de 5 heures, est une occasion pour nous de se rappeler de toutes les fois où nous nous sommes éloignés de nos racines et de toutes les fois où nous avons fantasmés sur nos hommes noirs.

Dorvil Ramphir