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Sortir de l'ombre - Fè yo konnen w!

Author: Jean Dumond

Angela Davis, une vie de combat

Symbole de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, Angela Davis occupe une place primordiale dans l’histoire des luttes pour l’émancipation des peuples. Féministe, antiraciste, marxiste, elle marque de ses empreintes les révoltes des mouvements sociaux contre les discriminations et les injustices dans le monde. Un portrait d’Angela Davis pour ambitionner le combat contre la domination du capitalisme. Un portrait pour saluer le combat d’une militante admirable qui ne cesse de clamer qu’« Haïti est la racine de la liberté ».

Les années passent, les mouvements de protestation contre la ségrégation raciale se multiplient partout. Toutefois, les comportements racistes perdurent à travers le monde, notamment aux États-Unis. Essayer de recenser le nombre de victimes d’actes racistes seulement pendant la dernière décennie serait un exercice qui n’en finirait jamais. Par contre, on ne saurait ne pas saluer la mémoire de Georges Floyd, l’une des récentes victimes du racisme institutionnalisé aux États-Unis, tué le 25 mai 2020 par un policier xénophobe. La mort de Georges Floyd marque un tournant dans les colères populaires contre les violences policières en Europe et en Amérique du Nord. Ces événements ont donné un nouvel élan aux batailles contre le racisme dans le monde.

Dans ce contexte, l’engagement d’Angela Davis transmet l’optimisme de dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles. Camper le portrait d’Angela Davis aujourd’hui permet de remémorer une figure emblématique contre la guerre dans le monde. Sa figure inspire l’espoir de promouvoir la paix. L’objectif est de tirer de son combat contre les inégalités sociales des enseignements utiles à la construction d’un monde égalitaire. Donc, il est possible d’apprendre de cette icône de l’insoumission contre l’arbitraire. Ceci concerne généralement sa fougue intellectuelle, ses écrits, sa « rébellion » ordinaire, ses luttes féministes, ses engagements politiques marxistes et civiques.

Une voix contre le racisme et le sexisme
Née le 26 janvier 1944 à Birmingham, en Alabama, dans une famille afro-américaine, Angela Davis a subi des humiliations et des actes racistes dès son enfance. Enfant sa grand-mère lui racontait déjà l’histoire de ses parents qui étaient eux-mêmes esclaves. Jeune femme intelligente, elle était obligée d’évoluer quotidiennement dans un climat de violence raciale dans le Sud des États-Unis en pleine ségrégation. Elle ne va pas à l’école avec les blancs, n’a pas accès aux parcs publics, mais découvre les livres. Très tôt elle fait face au sexisme des leaders masculins qui confondent selon elle « leurs activités politiques avec l’affirmation de leur virilité ». Très jeune Angela suit les traces de son père et de sa mère Franck et Sallye Davis, des activistes connus aux États-Unis. L’origine d’Angela Davis n’est pas sans conséquence dans ses combats contre le racisme. Sa curiosité inspirée l’amène à déceler et à questionner fréquemment les différentes formes de violences dans la société étatsunienne tout entière. Ce qui explique que des années plus tard elle a fait partie du mouvement Black Panther Party for Self-Defense (BPP), qui a repris la lutte pour les droits des Noirs entamée par Martin Luther King, Rosa Parks et tant d’autres. Elle est incarcérée et mise en cause, durant l’année 1970, pour son engagement comme l’un des membres les plus influents des Black Panthers. Une fois sortie de prison en 1972, Angela Davis a commencé avec la publication de ses essais et de ses discours qui font d’elle l’une des intellectuelles radicales les plus connues de l’époque.

L’héroïne du Black Power reste aux côtés de Malcolm X et de Martin Luther King, l’une des figures emblématiques du mouvement pour l’egalité aux États-Unis. Angela Davis devient une femme instruite et cultivée qui, en plus de son doctorat honoris causa, enseigne la philosophie à l’Université qui est un atout de taille pour transmettre ses connaissances et surtout son esprit critique. Elle a écrit une quantité de livres pour appuyer ses luttes dont le célèbre ouvrage titré « Femme, race et classe » (1981). Elle connait également le militantisme et le féminisme, ce qui lui permet de s’adapter aux situations de négociation avec une connaissance parfaite des enjeux politiques et sociaux. Ces derniers n’avaient aucun secret pour elle, et elle s’en servait pour résister face aux adversaires.

Le racisme, un cancer mondial à combattre
Attiana Jefferson tué le 12 octobre 2019, Philando Castile le 6 juillet 2016, Michael Brown, en 2014 à Ferguson, Trayvon Martin le 26 février 2012, Georges Floyd le 25 mai 2020, tous victimes du racisme aux États-Unis. Cependant, il s’agit là d’un problème qui concerne le monde et pour arriver à l’éradiquer, l’humaniste Angela Davis préconise une solidarité qui doit être mondiale. Les mouvements de protestations sont à encourager, cependant ces soulèvements ne doivent pas s’arrêter là. Le changement doit pouvoir être ressenti dans le comportement individuel de chacun-e des citoyen-e-s si non la bataille sera vaine. La militante soutient que le racisme est d’ordre structurel et systémique, donc il est ancré dans les attitudes individuelles et les représentations collectives, ce qu’il faut nécessairement éliminer.

Pour l’activiste féministe, « les mouvements de contestations occasionnés par la mort de Georges Floyd sont un plus à gagner dans le combat contre le racisme et une progression pour les acquis démocratiques ». Dans un entretien accordé à Radio Canada, Angela Davis déclare « qu’elle a vécu et connu le racisme sous ses formes les plus cruelles, cependant c’est la première fois qu’elle assiste à une réponse aussi immédiate, à un tel soulèvement contre un meurtre raciste presque partout dans le monde. Bien sûr les nouvelles technologies de l’information et de la communication en sont pour beaucoup, quand bien même il s’agit d’un pas vers l’avant dans la lutte pour le respect des noirs en tant que humains ».

Une figure emblématique du féminisme
Aujourd’hui, Angela Davis reste un repère culturel et une figure historique essentielle dans la compréhension des formes de domination patriarcale et machiste. En effet, elle a compris très vite que la lutte contre le racisme ne saurait exclure le combat pour le respect des droits des femmes. Pour celle qui a visité Haïti en 2016 lors du congrès du Caribbean Studies Association, la lutte pour les droits civiques des communautés subalternisées et le féminisme sont intimement liés. Tout comme la combattante pense que les questions de sexualité, de race, de classe et de genre sont intimement liées. Courageuse, fougueuse et déterminée, cette féministe de la première heure impose une vision évolutive de la place de la femme dans les sociétés contemporaines. Arborant la notion « d’intersectionnalité des luttes », elle s’interroge sur les luttes de libération et d’émancipation des femmes noires, et elle en conclut qu’elles ne peuvent réussir qu’en luttant en même temps, contre le racisme, le sexisme et les questions de classe.

Redoutable stratège et rebelle, sa praxis consiste à analyser les mouvements sociaux contre le racisme et l’injustice comme des actions au cœur de la lutte pour la démocratie sociale. La promesse que la vie de tous les êtres humains doit compter est sa principale monnaie d’échange. Il s’agit là d’une lutte fondamentale visant à déraciner le sexisme, l’homophobie, la transphobie, la discrimination économique et, pour beaucoup d’entre nous, un dissentiment contre le capitalisme. Grâce à son courage, à la force de ses idées et de sa persévérance elle a lutté, et lutte encore, pour faire de notre monde, un monde meilleur.

Durant ces moments d’incertitude, la mémoire d’Angela Davis doit être rappelée dans la société haïtienne, où les femmes sont relativement sous représentées dans les institutions. D’ailleurs, l’esprit de résistance et de liberté d’Angela Davis dépasse les frontières étatsuniennes en devenant un symbole mondial de la lutte contre l’iniquité. Enfin, elle incarne, aujourd’hui encore, une figure centrale de l’histoire des luttes pour la liberté. Enseignement, engagement révolutionnaire, combat politique, style iconique, coupe afro et poing levé, tant de styles et de domaines portés par une volonté commune : prôner l’égalité et l’émancipation.

Nakisha Jean
jeanakisha.nj@gmail.com

Evelyne Trouillot : « La littérature pour moi est vivante et au cœur de la vie »

Auteure de « Par la fissure de mes mots » publié aux éditions Bruno Doucey. Prix Carbet (Prix majeur des littératures caraïbes) pour son roman « La mémoire aux abois » chez les éditions Hoëbeke. L’écrivaine Évelyne Trouillot est l’invitée d’honneur de la 26ème édition de Livres en folie qui sera virtuelle, en raison de la COVID-19. Le contact direct avec les lecteurs et lectrices ne pourra pas se faire, regrette l’auteur de « Sans parapluie de retour ». Mus’Elles a rencontré l’auteure autour de sa participation à Livres en folie.

Mus’Elles : Une crise sanitaire frappe le monde de plein fouet et Haïti n’y est pas épargnée, à quelles questions ces genres d’événements font-ils répondre la poétesse en vous?
Evelyne Trouillot : En tant que citoyenne d’un pays dont une grande partie de la population vit en situation économique précaire avec un système sanitaire défectueux, je ne saurais ne pas me sentir préoccupée, inquiète même par la pandémie et les conséquences qu’elle peut avoir ici. Mes préoccupations de citoyenne, ma douleur, mes angoisses, ma colère face à une situation où les plus vulnérables seront une fois de plus les plus touchés, vont habiter mes textes, ma poésie. La littérature pour moi est vivante et au cœur de la vie. Je ne suis pas d’un côté, citoyenne et de l’autre poétesse, écrivaine. Ma poésie est souffle de ce que je vis, mes textes portent mes convictions, mes élans, mes peurs, mes joies, mes espoirs et ma vision de la vie et du monde. Si je suis comme la plupart d’entre nous ébranlée par la pandémie, je suis surtout bouleversée par ce qu’elle confirme ici comme ailleurs : les inégalités sociales, le pouvoir des finances sur le bien-être des êtres humains.

Mus’Elles : La parole littéraire, poétique, plus particulièrement n’a jamais eu autant la côte avant l’épidémie, cela peut-il être vu comme la preuve que la littérature est le lieu par excellence pour avoir l’impression de pouvoir s’échapper ?
Evelyne Trouillot : Je ne sais pas si un quelconque sondage confirme, comme vous le dites, que la parole littéraire, poétique, en particulier, soit beaucoup plus appréciée  depuis la pandémie. On peut par contre imaginer que les gens, confinés chez eux, lisent davantage peut-être. Dans tous les cas, je dirai que la littérature peut en effet aider dans de telles circonstances.  Moyen de se détendre, d’explorer ses émotions, d’aborder des thèmes nouveaux, différents, de regarder autrement les réalités, la littérature peut sans doute constituer un atout pour faire face à des situations stressantes et carrément éprouvantes. Ceci est tout aussi bien valable pour d’autres formes artistiques, comme la musique ou le cinéma par exemple.

Mus’Elles : En raison de la COVID-19 vous êtes l’unique invitée de la 26ème édition de Livres en folie qui sera virtuelle. Y voyez-vous un plus pour l’émancipation des femmes dans la littérature, sachant que cette activité est plutôt dominée par la gent masculine ?
Evelyne Trouillot : Vous dites que la littérature est « plutôt dominée par la gent masculine ». Si vous faites référence au nombre d’auteurs masculins vous avez raison. Le site d’île en île présente 140 auteurs haïtiens, parmi lesquels il y a moins de 40 femmes, donc soit moins de 28%. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet écart assez significatif : les conditions d’existence des femmes constituent souvent des obstacles à la réalisation de leurs rêves individuels.  La société s’attend à ce qu’elles s’occupent de la famille, du père, des frères et cousins, du mari quand elles sont mariées et des enfants en toutes circonstances, et ces responsabilités constituent des handicaps aux projets qu’elles pourraient avoir. Il faut, à une femme, beaucoup de volonté et de détermination pour poursuivre ses rêves. En outre, si la précarité économique affecte hommes et femmes, ces dernières le sont davantage. Salaires moins élevés, emplois moins bien rémunérés, charges familiales plus lourdes car beaucoup de femmes se retrouvent seules à élever leurs enfants. Autant de facteurs qui entravent l’épanouissement de la femme dans plusieurs domaines, pas seulement en littérature. Comme, de plus, le métier d’écrivain, n’est pas une profession « rentable », il est encore plus difficile pour la femme de s’y lancer. Cependant, pour revenir à votre question, il y a seulement trois ou quatre ans depuis que Livres en folie a adopté la formule de deux invités d’honneur. Il y a eu donc des femmes qui ont déjà été les seules invitées d’honneur pour des éditions antérieures. Je ne saurais donc considérer le fait d’être la seule invitée d’honneur comme un quelconque symbole de la reconnaissance de la femme écrivain.
La liste d’île en île que j’ai mentionnée ci-dessous commence avec des auteurs du début du 19ème siècle.  Pour cette période le nombre de femmes écrivains est extrêmement limité, il s’accroit au cours du 20ème siècle, même si le pourcentage est toujours faible par rapport aux hommes. Le nombre s’accroit d’abord parce que plus de femmes écrivains sont maintenant reconnues par la société. Les tabous et préjugés empêchaient aux écrivaines de s’assumer (d’où l’utilisation de noms d’emprunts parfois) et à la société de les voir et de les accepter. Cette progression devrait continuer de s’accélérer. Mais pour ce faire, il faut des actions concrètes. Je dirai qu’au-delà des déclarations d’intention des politiciens lors de la journée du 8 mars, il faut des politiques culturelles et sociales qui soutiennent les activités de création chez les filles et les femmes. L’organisation d’ateliers d’écriture, l’augmentation des bibliothèques de proximité, et autres activités visant à offrir aux femmes un encadrement et un soutien à la création pourraient contribuer à ouvrir le champ littéraire aux femmes. Mais il y aurait encore beaucoup à dire à ce sujet et sur la participation des femmes à la vie publique en général.
Pour revenir aux spécificités de cette édition, elle sera uniquement virtuelle. La pandémie l’exige. Je regrette ce contact qui ne pourra se faire avec les lecteurs et lectrices, mais la sécurité sanitaire demeure prioritaire.

Mus’Elles : On sait que vous écrivez dans plusieurs genres. Quel est celui qui vous passionne le plus?
Evelyne Trouillot : J’ai en effet publié des romans, des recueils de nouvelles et de poésie, des récits jeunesse et j’ai écrit une pièce de théâtre.  Le choix de travailler sur un texte demande un engagement. Cet engagement chez moi se fait rarement sans passion. L’écriture est un travail qui demande beaucoup de discipline mais qui pour moi prend son élan dans la passion, dans le désir puissant de donner vie à un texte. Maintenant, y a-t-il un genre qui me passionne davantage ? Je ne pense pas. Je dirai que chaque genre vient avec ses exigences, ses critères de création qui dictent le rythme, l’intensité du travail, la durée. Par exemple, pour la poésie, il me faut beaucoup plus de temps. Je lis et relis plusieurs fois, recommence, biffe, efface, supprime avant d’arriver à un texte satisfaisant à mes yeux. Et ce processus peut prendre plus d’une année pour une plaquette. Les nouvelles vont plus vite car le plus souvent je commence l’écriture dans ma tête. Quand je me mets devant l’ordinateur, le texte coule car il était déjà à moitié écrit. Les romans c’est encore une autre approche. Je campe un, deux, trois personnages et élabore le fil de l’histoire parfois sur des bouts de papier, un carnet. C’est une période assez emmêlée, confuse même dans la mesure où je tâtonne, j’essaye de trouver la façon maximale de réaliser mon projet d’écriture. Le choix de la voix du narrateur, par exemple, est fondamental, ainsi que la structure du récit, et tant d’autres choix à faire. Donc, le temps varie selon le texte, selon le genre mais l’enthousiasme, la passion est la même.

Mus’Elles : Que nous prépare votre cuisine littéraire pour bientôt?
Evelyne Trouillot : Dans cette édition de Livres en folie je présente un nouveau roman « Désirée Congo » dont l’action se passe à Saint Domingue juste avant la bataille de Vertières. Je mets en scène une jeune femme fantaisiste et imprévisible dans ses actions. Autour d’elle divers personnages représentant la société d’alors. Ce qui m’intéressait dans ce texte c’est d’évoquer les souffrances psychologiques, les traumatismes que l’esclavage a pu provoquer chez les hommes et femmes, chez les enfants mis en esclavage. Quelles furent certaines des réactions que cette expérience de violence extrême a pu entrainer ? Ce n’est pas un sujet qui est souvent évoqué dans les documents historiques ou dans les livres d’histoire.
Depuis ma première publication, « La chambre interdite », je reste fascinée par les chemins tortueux que peut prendre l’esprit humain pour faire face à une expérience insupportable et survivre à une situation intolérable. Mon prochain livre sur lequel je travaille actuellement, je suis à la phase finale à vrai dire, raconte l’histoire de deux jumelles. Pour échapper aux horreurs d’un quotidien abusif et se venger de leur entourage elles se substituent l’une à l’autre au point d’oublier leur identité respective.  Deux sœurs qui se cherchent, qui se perdent, qui se retrouvent peut-être ( ?) sur fond d’une situation familiale douloureuse et compliquée. J’ai aussi en chantier un nouveau recueil de poésie française. J’ai remarqué que la poésie est toujours là à l’affut chez moi. De même que mes livres de chevet sont souvent des livres de poésie, de même en écriture je me tourne vers la poésie comme point d’ancrage, car c’est elle qui pour moi demeure la forme la plus sublime d’expression.

Propos recueillis par Adlyne Bonhomme
b.adlyne@yahoo.com

Le Foyer Notre Dame de Lourdes boucle son concours de textes sur la COVID-19

Le Foyer Notre Dame de Lourdes, un centre d’accueil d’enfants vulnérables, a tenu du 17 au 31 mai 2020, un concours de textes autour de la COVID-19. Ce concours de textes a permis aux enfants de cette structure de produire un texte poétique à partir du thème : « Kowona pap kouwone pwezi pou rejenere lavi ».

C’est dans leur local, situé dans la Commune de Croix-des-Bouquets, que les accompagnateurs et accompagnatrices, confinés depuis fin mars 2020, ont aidé les enfants et les jeunes sous leur responsabilité à produire des réflexions sur la pandémie. Il s’agissait d’informer et de sensibiliser non seulement les enfants du foyer, mais aussi les jeunes de cette maison de transit. Les enfants externes ainsi que les membres de leurs familles, qui résident dans les quartiers avoisinants du foyer, ont été ciblés à l’occasion de ce concours, a fait savoir Denise Charles, officière de projet de cette institution présidée par Marie Maud E. Laurent.

Le concours, qui a utilisé l’art comme principal medium de communication, s’est focalisé sur les gestes de protection et contre la stigmatisation des personnes infectées au COVID-19. Il a aussi permis d’aiguiser et de stimuler les capacités de production et de réflexion des enfants et des jeunes. Dans une logique participative où les enfants s’affirment en actrices et acteurs porteurs de changement, ils ont pu non seulement alimenter leurs textes de messages de sensibilisation et d’informations, mais aussi partager les émotions éprouvées durant le confinement, confie Denise Charles. Contactée par téléphone, elle a aussi fait savoir qu’il est important que les enfants gardent de meilleurs souvenirs de ces temps où leur isolement a favorisé le renforcement de leur capacité de réflexion. « Le besoin de se socialiser avec d’autres enfants de l’extérieur est très présent chez ces enfants, qui vivent habituellement dans un cadre fermé. Avec le confinement, l’équipe du Foyer Notre-Dame de Lourdes pense qu’il y a lieu d’intervenir par des actions planifiées. Ces dernières peuvent toucher la sensibilité des individus. Ces séances de formation et d’information sur le COVID-19 ont permis aux enfants de ne pas se sentir ignorée du reste de la population. »

Cette initiative, tenue par les responsables du foyer, a eu des résultats satisfaisants. Parmi les indicateurs d’effets on peut noter que 20 enfants/jeunes dont 10 filles formés en études de textes, puis 20 enfants et jeunes dont 10 filles formés en rythme musicaux, ensuite 180 enfants et jeunes ainsi que 37 familles des enfants externe informés et sensibilisés sur les gestes barrières à adopter contre la propagation de la COVID-19. Les médias sont invités à diffuser largement au public les textes produits dans le cadre de ce concours.

Toujours selon, Denise Charles, travailleuse sociale  au sein de l’institution qui vient de fêter ses vingt ans, le concours s’est déroulé, sans possibilité pour que des juges externes puissent évaluer les textes. Etant donné qu’une bonne partie du personnel a décidé de rester confinée avec les enfants, ils en ont profité pour faire office de juges. Des critères de sélection des contenus  soumis ont été établis  tels que la clarté des messages, le rythme et l’originalité des textes. A chaque séance il y a eu des éliminé.e.s ; des finalistes  ont eu le choix entre retravailler leurs textes après les commentaires des juges pour en faire des meilleurs, soit produire un autre texte en tenant compte des critiques. Des moments d’improvisation ont été aussi  priorisés pour évaluer les connaissances des enfants sur la COVID-19.

Jeanne-Elsa Chéry

Farah Joseph, une voix qui fait les délices des mélomanes

Répondant à l’invitation de « K Tout Atis Yo », Farah Joseph, chanteuse de 30 ans que l’on commence à bien connaitre dans le milieu artistique haïtien s’est imposée sur scène dans un live, le dimanche 24 mai dernier. Elle a fait les délices de bien de mordu.e.s de la poésie scandée. La rédaction de Mus’Elles l’a rencontrée. Dans des mots simples et directs, elle a répondu à ses questions.    

Mus’Elles : Votre dernière collaboration est avec le slameur Nervno fils de plume. Vous chantez en duo ‘’Don’t touch”. D’oú vous est venue l’idée de ce duo?
Farah : L’idée n’est pas de moi, j’ai eu l’invitation de Nervno, c’est son projet. Il m’a appelé pour me dire qu’il aimerait qu’on  collabore sur un projet. Il m’a envoyé le son, et le texte, quelques jours après. Voyant que c’était un sujet assez tendance et d’actualité, qui ne me dérangeait pas, j’ai accepté.

Mus’Elles : Quelle a été votre motivation?
Farah Joseph : Dès qu’il s’agit de musique je suis motivée, mais collaborer sur un son dépend du texte à 80% . Et vu que Nervno est un slameur très talentueux, c’était plus facile.

Mus’Elles : Racontez-nous votre première fois dans la musique?
Farah : Je suis née dans une famille chrétienne, pas besoin de vous dire que mes dimanches étaient réservés au culte d’adoration. J’ai fait  très tôt la connaissance de la musique. Toutefois, je peux vous dire que mon amour pour ce métier s’est vraiment manifesté en 2013 après mon passage à Starmax.

Mus’Elles : Parlez nous de votre passage à  Starmax?
Farah Joseph : C’était une expérience assez enrichissante qui m’a permis de m’évaluer. J’ai eu la chance de concourir avec d’autres talents , de très bons chanteurs, qui sont aujourd’hui devenus des amis.

Mus’Elles : Quand vous ne faites pas de la musique, qu’est-ce vous faites?
Farah Joseph : Pour l’instant je ne fais que ça quoique j’ai bien d’autres aptitudes.

Mus’Elles : Pouvez-vous nous en parler davantage?
Farah Joseph : J’ai très jeune étudié les techniques bancaires. J’ai suivi des formations en Gestion et Elaboration de projet et en Assainissement et Principes d’hygiène avec une organisation pour laquelle j’ai travaillé pendant 3 ans. Je suis certifiée en Marketing. J’ai également commencé une étude en informatique de gestion que je n’ai pas achevée. Mais mes amis disent que j’ai des dons pour la planification, je leur sers souvent d’event planner.

Mus’Elles : Vous avez réalisé une tournée en 2019 en Europe, notamment dans 9 pays dont l’Allemagne, la Suisse, République Tchèque et d’autres pays européens, comment avez-vous vécu cette expérience?
Farah Joseph : C’était superbe. Invitée par FONMEH à rejoindre une équipe déjà sur pied composée de 2 autres chanteurs et de 4 musiciens, sous la direction musicale du maestro Augustin, j’ai pu vendre ma culture, mon univers musical.

Mus’Elles : Quelles sont les retombées de cette expérience  sur votre carrière?
Farah Joseph : En gros, elle m’a permis  de renforcer ma confiance en moi, et ça a également augmenté ma volonté de travailler.  Même si j’ai eu beaucoup de stress avant les prestations, c’est avec beaucoup de contentement et de satisfaction que je l’ai accueillie.

Mus’Elles : Quels sont vos styles musicaux?

Farah Joseph : Ce que je propose comme champs musical c’est un mélange de gospel, de blues et de musiques traditionnelles haïtiennes.

Mus’Elles : Jusqu’ici vous avez participé dans plusieurs projets, lequel vous a le plus marquée et pourquoi?
Farah Joseph : Tous les projets m’ont  marquée d’une façon ou d’une autre, mais j’ai été honorée de faire partie des 10 artistes, figures musicales, choisis pour représenter le Ministère de l’Éducation Nationale sur le projet éducatif. Avec des artistes comme BIC, Bélo,  Jean Jean Roosevelt et autres que je considère comme des modèles.

Mus’Elles : Votre meilleur moment sur scène c’était où et quand?
Farah Joseph : Ils sont nombreux. Mais je me rappelle comme si c’était hier la finale du concours « Nou Se Lajenès », je faisais partie du jury, où j’ai vu des talents s’exercer avec tellement de fougue, de détermination et  d’amour pour la musique. Ça m’a ramenée à l’époque où je faisais mes débuts. Mes prestations à l’étranger également.

Mus’Elles : Comment vivez-vous le confiment après des spectacles ratés en Espagne et au Canada à cause de la COVID-19?
Farah Joseph : Un peu mal. Cela faisait 6 mois depuis que je me préparais en conséquence. Mais dommage, la pandémie à changé mes plans. J’arrive à tenir, sachant qu’on parviendra à passer ce cap.

Mus’Elles : Vous avez un message pour vos fans ?
Farah Joseph : Mon message par rapport à  la pandémie de COVID-19 consiste à demander aux gens de rester chez eux et si par obligation, ils doivent sortir  dans les rues, de porter leurs masques.

Propos recueillis par Adlyne Bonhomme
b.adlyne@yahoo.com

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