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Le prix « Poète en herbe 2021, Écrire à la manière de René Maran » décerné à Nitza Cavalier

Ce vendredi 26 mars 2021, le prix « Poète en herbe » est décerné à Winslow Nitza Carmela Cavalier, pour son poème « une fumée de mots ». Il s’agit d’un texte produit sur la thématique: « Écrire à la façon de René Maran », retenue pour le concours qui est à sa quatrième édition.

Du 13 au 29 mars 2021, la Collectivité Territoriale de Guyane célèbre « Le Temps des Poètes » en honorant l’oeuvre du poète guyanais René MARAN. Deux thématiques sont priorisées : le désir et l’œuvre de René Maran. Les inscriptions pour le concours de poésie, étaient ouvertes du vendredi 29 janvier au dimanche 14 mars 2021, aux candidat.e.s résidant en Guyane à deux catégories d’âge. Une catégorie pour les jeunes de 15 à 25 ans, et une autre pour les adultes. C’est dans la catégorie jeunesse que Nitza Cavalier est récompensée.

Nitza Cavalier a plusieurs cordes à son arc. Écrivaine, Dramaturge, Comédienne, metteure en scène, animatrice de Radio… L’étudiante en Lettres Modernes, à L’Université de Guyane est une boule d’énergie qui fait de l’écriture et des émissions littéraires son dada. Nitza est l’auteure du monologue “J’écris avec du Sang” joué en Mars 2020 et co-auteure de l’ouvrage « Préfète Duffaut revit dans nos écrits » avec Masseline Galant. Elle anime aussi une émission littéraire “Mille Bulles” à la Bibliothèque Universitaire. Cet horaire chargé ne l’empêche pas de Co-animer une autre émission sur les livres : « Livre-Raison » avec JJJJ Rolph. Âgée de seulement 23 ans, elle n’est pas à sa première récompense pour des concours littéraires en Guyane. Elle a notamment été sacrée « Prix jeune écrivain guyayais 2020 » pour sa nouvelle intitulée « Le corps d’une amérindienne », une nouvelle qui fait du corps un livre d’histoire. C’est le récit d’une jeune amérindienne qui porte les légendes historiques de son peuple sur son corps. Une œuvre qui illustre le désir de Nitza de produire l’utilité.

Nitza Cavalier est motivée à s’intégrer de plus en plus dans cette nouvelle société d’écrivain.e.s qu’elle considère comme sienne. C’est pourquoi dit- elle minimiser les sacrifices, qui ne sont jamais de trop pour embrasser ses projets d’écriture. L’histoire de ce prix est le fruit de sa grande motivation : « Je me souviens que j’hésitais sur ma participation, mais dans la soirée de la date limite, je me suis dite pourquoi pas, de toute façon, j’y perdrai rien.», confie la gagnante.

Un texte écrit d’un coup mais qui a tout de même mobilisé ses profonds sentiments : « Mon poème est perçant, mes sentiments sont aussi perçants que lui. En le lisant hier soir à la remise des prix, j’ai senti une chaleur au cœur, et le besoin de renouveler mes engagements. » lâche la récipiendaire. Elle s’est inspirée de René Maran, défenseur des « nègres » d’Afrique, pour fumer les mots comme elle l’a si bien dit dans son poème « Je n’écris plus, je fume ». Ses mots portent les doléances, les souffrances des afro-descendants, qu’elle considère comme son peuple, vers les flammes de « l’enfer », pour les consumer, pour que « leurs maux puissent partir en fumée ».

Fort de cette nouvelle distinction, Nitza Cavalier affirme vouloir « continuer à écrire, à produire des pièces de théâtre, et à (se) perfectionner dans le domaine artistique ».

Et on la comprend parfaitement.

Jeanne-Elsa Chéry

Extrait de « Une fumée de mots »


« Des mots cachés sous ma plume
Jet d’encre de leurs douleurs
Des mots partis en vapeur
Dessin des courbes de leurs chaines

Des mots étouffés bâillonnés ligotés Complaintes de l’esclave moderne

Des mots fissurés mutilés meurtris

Dernier cri de désespoir
Je n’écris plus Je fume
Une bouffée de nostalgies sort de ma bouche
Bouffée teinte de morts et d’enfer . »

Nitza Cavalier

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