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Kore Manman pou klere Timoun, un programme pour l’autonomisation des femmes en Haïti


Nombreux sont ceux qui clament, tout le temps haut et fort, l’autonomisation des femmes sans œuvrer à la développer ni à l’encadrer. Ainsi, « Sonje Ayiti » fait la différence en lançant le programme « Kore Manman Pou Klere Timoun » financé par USAID/MEDA en partenariat avec CEDEL-HAITI et Entre Les Pages. Ce projet découle de leur programme « Klere Timoun », qui encadre des élèves dans certaines zones rurales à s’initier en informatique, dans la danse et d’autres métiers manuels qui pourraient les aider dans leur vie professionnelle.

« Ce programme est comme un pont vers un avenir meilleur, et on le tend vers les mères et les jeunes des zones reculées, ces personnes sans leur implication dans le développement socioéconomique est un manquement grave et peut causer des retombées néfastes pour tout le monde. Comme on dit toujours : Timoun jodi, granmoun demen. Fanm se poto mitant », confie Djedly F. Joseph, coordonnateur de ELP et superviseur du programme.
Avec cinq cent (500) mères âgées entre 18 et 35 ans, des onze (11) communes des Départements du Nord et du Nord-est, SAO lance le dé pour l’autonomisation de femmes. « On a initié le programme Kore Manman pou Klere Timoun parce que les enfants sont les premiers à souffrir des manquements dans la famille. Car s’ils ont des besoins primaires auxquels les parents ou la mère – beaucoup de familles sont monoparentales – ne peuvent pas répondre, ils sont obligés de chercher une manière de satisfaire ce besoin-là et, du coup, de venir en aide aux parents. Si l’enfant en étant à l’école pense à ce qu’il va devoir chercher à manger en rentrant, puisque la mère n’a pas les moyens de laisser quelque chose pour sa progéniture, il ou elle ne pourra pas se concentrer sur ce qu’il doit apprendre », avoue Madame Gabrielle Aurel, Directrice Générale de Sonje Ayiti.
Après avoir offert plus de deux semaines de formations intensives à des jeunes cadres universitaires sur la transformation de produits et l’entreprenariat, ces jeunes femmes et jeunes hommes dynamiques et dévoués.es vont en retour aller sur le terrain pour travailler avec les jeunes mères dans le but de retransmettre ce qu’ils ont appris. Ces jeunes ont été triés sur le volet, ce sont en majorité des jeunes leaders dans leur communauté ou qui entreprennent des activités sociales au profit d’un groupe minoritaire quelconque. L’équipe est diversifiée, solide et bien constituée et ils/elles sont conscient.es d’une chose : l’importance de ce travail car il va déterminer l’avenir de plus d’un.
Il faut souligner en plus que le choix de transformation de produit n’a pas été fait au hasard. Tout a été réfléchi pour pouvoir être non seulement plus accessible mais aussi pour favoriser la vente de ces produits puisqu’ils seront consommés au quotidien. « On voulait quelque chose qui soit à la portée de tous, facile à vendre et que majoritairement on importe d’autres pays, de la République voisine par exemple. Donc, les produits généralement bio qu’on les apprend à faire seront maintenant disponibles. Ils sont divisés en quatre (4) : Produits Détergents (savon liquide, liquide vaisselle, Mistoline ect) ; produits Condiments (sauce de tomate, mayonnaise, sauce piquante etc.) ; Produits Boisson (liqueur, crémasse, essence etc.) ; et Produits Cosmétiques (Acétone, Shampoo, Gel de douche etc.). Vous pouvez voir ces produits au marché tous les jours et donc ils peuvent être écoulés plus facilement», confie la Directrice Grabrielle.
En apportant une aide à ces mères on donne une chance à leurs enfants qui quittaient l’école pour aller exercer d’autres activités rentables (motocyclette, pêche (anguilles) ou autres choses, de terminer leurs études, de ne pas s’inquiéter en sachant qu’il y a au moins une bouillie qui les attend à la maison. On accompagnera les mères pendant une durée de seize (16) mois, pour des conseils, des accompagnements et des supports dans la fabrication des produits et la dernière partie du programme : Association Villageoise d’Epargne et de Crédit (AVEC) qui permettra à ces mères d’emprunter entre elles sans aller à la banque, conclut Gaby.
« L’apport des femmes est important dans le progrès d’un pays, tant politique que socioéconomique et il ne saurait y avoir de progrès des enfants sans celui des femmes », nous dit Dadjena Joseph, superviseure du programme. Ce projet qui durera seize (16) mois pendant lesquelles SAO tiendra la main de toutes ces mères, les soutiendra avant de leur laisser le champ libre pour exceller dans leur business, n’aurait pas été possible sans le financement de USAID et de MEDA, CEDEL-HAITI et ELP comme partenaires.

Rodeline DOLY

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