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Emma Roberte : son parcours et ses combats

 

Emma Roberte de son nom complet Emmanuela Roberte François, est née à Limbé dans le nord d’Haïti. En 2011, accompagnée de sa famille, elle émigre au Canada afin de poursuivre ses études postsecondaires. Elle obtient son diplôme comme technicienne en éducation spécialisée au Collège La Cité. Toute jeune, Emma Roberte a toujours eu l’âme voyageuse. Elle visitait presque tous les départements d’Haïti pour rencontrer d’autres gens et aiguiser sa curiosité et son sens critique. Arrivée au Canada, elle continua sa quête d’elle-même en allant à plusieurs lieux. Elle a vécu pour quelques semaines au Nouveau-Brunswick dans un contexte d’immersion en anglais au Explore Language Program (ELP). Elle passera environ huit mois à vivre dans la région Niagara-Hamilton dans le cadre de son dernier stage en éducation spécialisée. Elle vivra dans la région de l’Outaouais, soit à Gatineau-Ottawa. Ses déplacements l’ont toujours conduit vers une découverte du pays plus approfondie et surtout de rencontrer des personnes admirables. En septembre 2019, elle se rendit au Sénégal, un pays francophone de l’Afrique de l’Ouest à titre de stagiaire en coopération internationale. Elle vivra pendant six mois en famille d’accueil et en travaillant dans un centre spécialisé à Dakar.

 

Cette jeune femme a grandi en Haïti avec l’amour de sa patrie gravé sur son cœur. Toutefois, les dernières années ici sur la terre des autochtones lui a suscité des réflexions de redéfinition de son identité. Emmanuela se redéfinitHaïtiano canadienne, puisque c’est en vivant dans la société canadienne qu’elle questionnera son existence de femme noire ainsi que l’appropriation de ses racines culturelles africaines. Elle y réfléchit tous les matins puisqu’elle ne sera plus jamais une simple Haïtienne, mais une Haïtienne au Canada. Elle deviendra, une noire autour de blancs. Elle apprendra à comprendre les enjeux de classe, de race et de genre et se fera une identité précise digne de la femme qu’elle souhaite devenir. 

Dans l’idée de continuer cette quête identitaire, elle poursuivra ses études universitaires en Étude de conflit à l’Université Saint-Paul où elle obtiendra son diplôme.Selon elle, sa seule façon de remercier cette terre d’accueil c’est de prendre soin de ses propriétaires, c’est-à-dire les autochtones du Canada. D’où la raison pour laquelle elle se retrouve sur la Côte-Nord actuellement en train de travailler à la direction de la protection de la jeunesse comme intervenante. C’est une jeune femme dévouée à redonner de l’espoir et contribuer à la guérison des cœurs de tous ceux ayant des besoins d’amour et de réconfort.

 

Emmanuela est cette petite fleur du ghetto. Ce ghetto où en allant à l’école primaire et secondaire en Haïti, voyait ces pairs abandonner leur scolarisation pour toutes sortes de problèmes socio-économiques. Emmanuela est cette jeune femme qui a grandi dans une famille dysfonctionnelle avec une mère aimante qui lui a poussé à trouver le bout de la vie à l’aide de l’éducation et l’instruction. C’est une jeune femme qui a vu son père se débattre toute la vie avec des problèmes de santé mentale et y mourir. C’est une sœur qui doit accompagner son jeune frère ayant des besoins spéciaux. C’est aussi une fille et une sœur adoptive. C’est une jeune femme qui a appris à sourire et tient à faire sourire les autres. C’est quelqu’un que les gens continuent à aimer tous les jours.

 

Elle croit en l’humain. Elle croit en la justice sociale. Elle croit que tout le monde a une flamme pour aimer et être aimé. Qu’il suffît seulement de la réchauffer, l’allumer et la nourrir pour que ce feu d’amour se propage. Elle croit en l’égalité des sexes. Elle croit au respect des droits des personnes de la communauté LGBTQ et que le système patriarcat écrase ce groupe autant que les femmes hétéros. Elle croit que tous les enfants sont égaux. Elle croit à au respect des personnes ayant des déficiences physiques ou mentaux. Elle croit en une autodétermination des peuples autochtones et afro descendants. Elle croit en une justice réparatrice. Elle croit qu’il faut une guérison intergénérationnelle pour arrêter les effets de la colonisation sur les peuples victimes. Elle croit que les humaines naissent libres et égaux. Elle croit que la suprématie blanche est un enjeu d’oppression des peuplesqu’il faut éradiquer pour améliorer la qualité de la vie des opprimés. Elle croit à la vie par la protection de l’environnement et des ressources naturelles. Elle croit aux actions concrètes de luttes et de changements. Elle croit en l’amour, car c’est tout ce qui restera lorsque tout disparaitra. 

 

C’est une artiste dans l’âme, une voyageuse, une personne spirituelle, une passionnée de lecture et d’écriture. C’est une sœur qui tient à mettre des gestes sur ses positionsidéologiques et faire une différence dans la vie de plus d’un. L’aube, les rayons de soleil, le crépuscule, la pleine lune, la pluie, l’odeur de la terre, le sourire d’un enfant, les sages conseils d’une personne sont de petites choses qui exaltent le quotidien de cette jeune femme. Elle se considère comme une âme en constante évolution habitant un corps faisant son cheminement ici dans cette vie.

Malou

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