COUP D'OEIL

Gran jipon, une organisation féministe très active

Déterminées et engagées, de jeunes femmes universitaires créent l’organisation féministe “Gran Jipon”, un espace d’apprentissage, d’encadrement et de vulgarisation. Active depuis 2020, au cours du confinement, Gran Jipon est sur tous les fronts. Entre séances de causerie sur des thèmes comme la sexualité, partenariat avec le laboratoire artistique Opaque-Voisin, articles, quotes et témoignages sur leurs pages officielles; tous les champs sont explorés.

Préserver la nouvelle génération des discours stéréotypés et ériger une toute autre conception du mouvement féministe en Haïti, telle est la mission première de Gran Jipon. Elle part déjà de bon pied. Son initiatrice Thara Layna Marucheka St Hilaire autant que ses autres membres, ne se laissent pas brider. Sur les réseaux sociaux, elles montent carrément le ton quand il s’agit de décrier les injustices, les violences faites sur les femmes, de prôner l’équité du genre, d’échanger sur des sujets tabous et de recadrer aussi ceux qui s’amusent á piétiner le mouvement. “ En tant que structure, nous voulons contribuer à la déconstruction de l’inégalité du genre dans l’imaginaire du collectif haïtien”, s’entendent ces jeunes activistes. Un véritable défi, dîtes-vous? Elles ont en conscience et pourtant c’est exactement le combat qu’elles veulent embrasser corps et âme.

 

 Gran Jipon n’entend pas non plus s’éterniser à Port-au-Prince. L’organisation chérit de nombreux projets innovants, originals et mus par cette volonté de bouger les lignes et de bousculer les convenances. “ Nous sommes en train de travailler sur la création d’un club féministe pour jeunes. Ce sera un salon où l’ on discutera de tout ce qu’ il y a en rapport avec le féminisme. Ce club permettra de défaire le mouvement des clichés et stéréotypes que lui ont apprêté nos concitoyens. Il permettra aussi de remettre certains points en question comme la masculinité toxique, la question de domination, les inégalités du genre et autres”. Malheureusement, il n’est pas aisé de trouver les subventions et les partenariats adéquats. Quoiqu’il en soit, Gran Jipon s’attelle à se servir avec les moyens du bord. Depuis le mois de Février dernier, elle a lancé un appel aux bénévoles. Elle souhaite recruter dans le domaine de la rédaction, de l’infographie, de la vidéographieet du community management. 

 

“ Les taux de violences genrées ont tendance à grimper lors des périodes de crises. En ce sens, Gran Jipon aimerait qu’une attention particulière soit portée à l’égard des jeunes filles et femmes durant cette période post-séïsme. Des campagnes de sensibilation, de libération de la parole et une ligne ouverte pour soutien psychologique, médical et juridique”, une assez belle proposition de la structure qui ne dispose pas encore de moyens nécessaires pour exaucer elle-même son souhait. Néanmoins, l’organisation entreprend une collecte de dons en faveur des victimes du Grand Sud.

 

Jessie Lisa A. R TATAILLE

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