VOYAGE AU BOUT DU TEXTE

« De quoi aimer vivre de Fatou Diome » : un regard translucide sur l’amour dans la vie des gens ordinaires

L’autrice Fatou Diome est une femme de Lettres Franco-sénégalaise. Auparavant professeure à l’université et docteur honoris causa de l’Université de Liège en 2017. Sa carrière d’écrivain décolle réellement avec le roman Le ventre de l’atlantique publié en 2003 aux éditions Anne Carrière qui lui valut d’ailleurs une reconnaissance internationale. Les thèmes abordés dans ses œuvres tournent autour de l’immigration en France, les rapports entre la France et le Sénégal (sa terre natale) mais aussi bien à l’Afrique, d’où l’aspect engagé de ses écrits. En guise de compte rendu nous nous pencherons sur son dernier livre en date De quoi aimer vivre (publié en 2021) un recueil de nouvelles plutôt philosophique sur l’amour et ses multiples facettes, ses revers et ses limites avec ce slogan en guise d’incipit dès la page de couverture : « Mortel l’amour !Mais lui seul sauve ».

De quoi aimer vivre est une merveilleuse mosaïque de 161 pages, rassemblant environ 10 nouvelles (mais qui pourrait en compter pour 8 car l’autrice rallonge parfois une histoire en deux parties distinctes), partagée entre La France et l’Afrique. Il s’agit d’une plume très réaliste, pleine d’illustrations et contenant, malgré sa rectitude philosophique et engagée, un profond humour empreint d’une chaleur humaniste sans borne et magnanime comme les flots de « l’Atlantique »: Le mot-clef et leitmotiv préféré de l’autrice se profilant et se répétanttel un talisman dans le vocabulaire du texte comme pour affirmer ce sentiment limitrophe qui la départage entre les souvenirs de sa terre natale en Afrique et son pays d’adoption et de résidence La France.

Les titres des nouvelles sont autant originaux que leurshistoires, qu’il s’agisse d’«Une fenêtre pour les anges » racontant la belle idylle impossible entre Andy, un esprit vif et chaleureux, handicapé par la poliomyélite et amoureux de la narratrice du récit, écrivaine elle-aussi mais qui ne partage de son côté qu’une joyeuse et complice amitié avec son voisin de palier : Lui est blanc et elle est noire et immigrée, pourtant un lien très fort s’est très vite installé entre eux. En passant par « Le bleu de la Roya » une histoire pleine d’humanisme ou un berger de la Roya vient en aide à un groupe de naufragés clandestins notamment en sauvant une femme Samira, veuve libyenne fuyant son pays avec sa fille Leila. Cette dernière reconnaissante, en plus des soucis liés à sa demande d’asilepour elle et sa fille en France, s’inquiète du procès intenté à son bienfaiteur pour son acte de sauvetage courageux au tribunal de Nice. Enfin citons entre autres, « Le vieil homme et la barque », ce récit qui clôture le recueil de nouvelles raconte le grand amour complice et chevaleresque entre un grand-père pécheur sur l’ile de Niodior et sa petite-fille de six ans. La narratrice raconte comment son grand-père a forgé en elle l’espoir et le gout du rêve, lui qui n’hésitait pas àemmener sa petite-fille avec elle en mer sur son bateau de pêche malgré les qu’en dira-t-on du village car ce n’était pas une activité pour les filles. Grace à son grand-père la narratrice du récit appris ses premières leçons de la notion deféminisme, à l’école elle se passionnât pour les livres et découvrit Ernest Hemingway et son fameux livre « Le vieil homme et la mer ». Elle comprit le langage universel de la littérature malgré les frontières géographiques et de langues, le choc des cultures et les différentes races des hommes. Elle rêve grand et fera tout pour devenir écrivaine en se consacrant à ses études malgré ses origines modestes.

MercEn définitive : « La question souvent, ce n’est pas donc pas tant de quoi vivre mais plutôt de quoi aimer vivre encore » telle est la grande leçon philosophique que nous retenons à travers ce recueil de nouvelles de l’écrivaine émérite Fatou Diome.

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