Charline Jean Gilles avec Nanm, pour le meilleur et pour la musique racine

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Chanteuse d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, Charline Jean Gilles chante prouesses, chagrins, tracas des loas du panthéon vaudou haïtien. Cette représentante de Clermezine Clermeille (patronne de la musique dans le vaudou haïtien) est l’un des poteaux de Nanm, une jeune formation musicale versée dans la musique racine.

Délaissée pour d’autres genres musicaux comme le compas ou le jazz, la musique racine puise ses origines dans le monde ancestral qui s’articule autour d’une culture voudouesque. Rares sont de nos jours, les voix qui portent encore cette cause traditionnelle devant la scène. À part des és comme Boukman Eksperyans, RAM, Rasin Mapou…Quant à la nouvelle génération, les chanteur-ses et groupes qui s’y consacrent sont moindres et souvent méconnu.es du grand public. Toutefois Nanm veut s’ériger en gardien de cette culture musicale ancestrale.

À côté des instruments typiques comme le tambour, Nanm célèbre un mariage moderne et bien accordé entre la guitare électrique, le piano keyboard et la batterie électronique. Le seul instrument à vent, considéré d’ailleurs comme le plus ancien est la voix de Charline Jean Gilles qui transporte les notes vec transe vers les “abitasyon” des 21 nations. “C’est un groupe vaudoufusion. Nous sommes dans l’interprétation et dans les compositions origanales”, déclare la comédienne. Le mois de juin prochain, Nanm qui soufflera sa première bougie ne chôme pas. Il travaille sur leur prochain album.

Revelasyon, Moyiz dezo, Gwo woch sont en autres des titres du groupe, disponibles sur leur compte Youtube. Le 16 février dernier, il a livré un concert en ligne “Travèse”. Les origines de Nanm remonte suite à deux projets d’atelier menés par Charline Jean Gilles et Toussaint Jimmy Kerby, l’autre co-fondateur, dans plusieurs régions du pays. Selon les explications de la féministe, les deux protagonistes ont été

à la rencontre de “sambas” et “adjenikon” qui chantent dans des “lakou” et “peristil” de plusieurs contrées du pays.Le travail consistait d’une part avec elle de leur donner des cours de techniques vocales pour une belle harmonie entre les voix et le tambour. D’autre part, le guitariste Jimi Kerby enseignait aux tambourineurs comment ils pouvaient s’accorder avec d’autres instruments.

De par cette expérience, Charline Jean Gilles souligne qu’elle a côtoyé et connaît beaucoup de femmes qui chantent la musique racine. Cependant le secteur musical haïtien “n’est pas vraiment facile pour la gent féminine”. Un fait qui concerne tous les genres.

Les attentes de celle qui est aussi massothérapeute consistent à voir Nanm participer dans de nombreux festivals locaux et internationaux, tout en assurant de nombreuses tournées. “Chanter notre tradition c’est comme une mission. Je me sens faire quelque chose pour mon pays. Je me sens franche. Je ne vends pas un rêve ni un cauchemar déguisé. Et c’est intéressant aussi de faire découvrir des musiques qui viennent de loin.  Des musiques qui se perdent”, confie la mère de famille. Elle n’a pas de modèle dans le milieu mais possède une forte appréciation pour cette aisance qu’avait le chanteur Azor, jouant du tambour tout en chantant avec la même énergie. Une technique qu’elle aurait aimé avoir. Charline Jean Gilles avec Nanm, c’est une belle complicité qui se développe pour le meilleur et pour redorer le blason de la musique racine qui est mal en point.

Shylene Prempin


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