Rendre visibles les femmes haïtiennes qui partent : une exposition pour raconter l’exil et la résilience

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Du 30 juin au 11 juillet, la mairie du 20e arrondissement de Paris accueillera une exposition photographique inédite portée par l’association Bohio Ayiti. À travers une série de portraits de femmes haïtiennes, l’événement entend redonner de la visibilité à une diaspora souvent réduite aux stéréotypes de la misère ou de la catastrophe.

Changer le regard porté sur Haïti
« Trop souvent, quand on parle d’Haïti, c’est pour évoquer la pauvreté ou les séismes », déplore Lourdy Morland, directrice de Bohio Ayiti. Fondée en 2002 André DelPuech, l’association s’est donné pour mission de faire connaître la richesse culturelle haïtienne dans toute sa complexité. « Le peuple haïtien, malgré tout ce qu’il traverse, transcende l’adversité. Et c’est encore plus vrai pour la diaspora. »


L’immigration haïtienne en portraits

L’exposition, réalisée en collaboration avec la photographe italienne Astrid di Crollalanza, met en lumière des femmes haïtiennes installées en France, issues de différentes vagues migratoires, de la dictature de Duvalier jusqu’aux départs plus récents liés aux catastrophes naturelles ou à la violence. Chaque portrait photographique est accompagné d’un témoignage sonore : les voix de ces femmes racontent leur départ, leur reconstruction, leur parcours artistique ou professionnel. « Ce sont des femmes qui arrivent en France ,parfois avec rien, et qui parviennent à bâtir quelque chose d’extraordinaire », souligne la directrice. Loin d’un discours misérabiliste, l’exposition valorise leur force, leur créativité et leur contribution à la société française.
Une exposition vivante et engagée
L’exposition photo sera ponctuée d’événements : une projection du film « Madan Sara » du réalisateur Etant Dupain. Ce dernier revient sur les femmes haïtiennes entrepreneures, piliers de l’économie informelle en Haïti. Une soirée chorégraphique, des concerts, et des débats sont aussi prevus. Le vernissage, qui aura lieu le 3 juillet, accueillera notamment le groupe Métiskacao, avec le compositeur Amos Coulange.
Ce projet s’inscrit en parallèle du festival « Haïti Monde », qui célèbre la littérature et la culture haïtienne à Paris. L’ambition est très vaste car la directrice de l’association avoue que: « Ce serait un rêve de faire circuler cette exposition dans les Caraïbes, en Guyane, en Guadeloupe, pour retisser les liens culturels que l’histoire coloniale a trop souvent distendus » précise celle qui est elle-même née en Haïti et a passé une partie de sa vie à Cayenne.

À travers cette exposition, Bohio Ayiti poursuit un travail essentiel de mémoire et de transmission. En mettant en avant les parcours de femmes trop souvent invisibilisées, elle contribue à faire entendre une autre voix haïtienne : celle de la résilience, de la création et de la fierté.

Melissa Béralus


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