Quand Mona Chollet décortique la culpabilité des femmes 

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Dans Résister à la culpabilisation : sur quelques empêchements d’exister (La Découverte, septembre 2024), Mona Chollet signe un essai féministe aussi percutant qu’inspirant. Avec sa plume incisive et son regard acéré, l’autrice explore comment la culpabilité entrave l’existence des femmes et propose des pistes pour s’en libérer. Un ouvrage galvanisant qui donne envie de se plonger dans ses pages et de rejoindre le combat pour l’émancipation.

Avec Résister à la culpabilisation : sur quelques empêchements d’exister, Mona Chollet revient en force dans les librairies, fidèle à son style qui mêle érudition, intimité et colère salutaire. Publié en septembre 2024 chez La Découverte, cet essai s’attaque à un fléau universel et pourtant si peu nommé : la culpabilité, ce poison insidieux qui ronge l’existence des femmes. À travers une analyse ciselée et des anecdotes qui frappent en plein cœur, l’autrice nous entraîne dans une réflexion brûlante d’actualité, servie par une plume qui donne envie de tourner chaque page.

Une autopsie de la culpabilité féminine

Mona Chollet, figure incontournable du féminisme francophone, n’a pas son pareil pour mettre des mots sur les maux. Dans ce nouvel opus, elle dissèque la culpabilité comme un mécanisme patriarcal savamment orchestré. « Une petite voix qui murmure qu’on n’est jamais assez bien, jamais à la hauteur », écrit-elle, capturant en une phrase l’expérience de millions de femmes. De la pression d’être une mère parfaite à l’angoisse de prendre trop de place dans l’espace public, en passant par la honte intériorisée face à son corps ou ses désirs, Chollet expose comment cette émotion s’infiltre partout, minant la liberté des femmes.

S’appuyant sur un impressionnant corpus, des textes de Virginia Woolf aux séries télévisées modernes, en passant par des études sociologiques et des témoignages, l’autrice retrace les racines historiques de cette culpabilité. Elle remonte notamment à l’héritage du christianisme et à la chasse aux sorcières, un fil rouge dans son œuvre depuis *Sorcières* (2018). Le résultat est une fresque qui révèle comment la société conditionne les femmes à s’autocensurer, à douter voire s’effacer.

Ce qui fait le sel de Mona Chollet, c’est sa capacité à transformer une réflexion dense en une lecture captivante, presque addictive. Son ton, tour à tour mordant, drôle et tendre, rend l’essai accessible sans jamais verser dans la simplification. Elle mêle confidences personnelles via ses propres luttes contre la culpabilité à des analyses universelles, créant un dialogue très intimiste avec ses lectrices. On rit, on s’indigne, on souligne frénétiquement des passages, tant chaque page semble parler directement à notre vécu.

Pourquoi dévorer cet essai ?

Résister à la culpabilisation est un appel à l’action. Chollet pointe du doigt les « empêchements d’exister » puis elle propose des clés pour les démanteler. En déconstruisant cette voix intérieure qui nous sabote, elle invite les femmes à reconnaître leur droit à être, sans excuses ni justifications. « La culpabilité n’est pas une fatalité, c’est une construction sociale », martèle-t-elle. Dans un monde où les droits des femmes sont sans cesse menacés, cet essai tombe à point nommé. Fidèle à son approche intersectionnelle, Chollet donne la parole à des expériences plurielles, montrant comment la culpabilité frappe plus durement encore les femmes racisées, queer ou issues de milieux populaires. Ce regard inclusif, combiné à une analyse sans concession du patriarcat, fait de ce livre un outil pour toutes celles et ceux qui aspirent à un monde plus juste.

C’est une lecture qui secoue, qui réveille, qui donne envie de se battre. Mona Chollet y déploie une énergie communicative, transformant un sujet a priori austère en un manifeste pour l’émancipation. C’est le genre de livre qu’on lit un crayon à la main, qu’on prête à ses amies, qu’on cite en soirée. Car il donne les armes pour faire voler en éclats les rouages de la domination.

Alors, que vous soyez une lectrice assidue de Chollet ou une novice curieuse, plongez sans tarder dans cet essai. Il pourrait bien changer votre regard sur vous-même et sur le monde. À vos librairies, prêtes, lisez !

Thara Layna Marucheka Saint Hilaire 


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