En prélude à la Journée internationale des droits des femmes, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), en partenariat avec Nègès Mawon, a organisé le vendredi 6 mars 2028 une causerie autour du thème « Transparence et redevabilité : pour une protection effective des droits des femmes et des filles par l’action anticorruption ». L’activité s’est tenue à l’Karibe Hotel en présence de plusieurs personnalités, dont des cadres de l’administration publique et des partenaires internationaux.
Dans son intervention, la représentante de Nègès Mawon, Carline Sévère, a rappelé que la corruption affecte directement les populations les plus vulnérables. « La lutte contre la corruption n’est pas seulement une bataille contre la mauvaise gouvernance ; c’est aussi une réponse à une violence silencieuse qui fragilise les femmes. Derrière chaque fonds détourné, il y a une femme privée de soins », a-t-elle déclaré.
Le représentant de l’ambassade du Canada en Haïti, M. Zoulfia Chougatowa, a souligné pour sa part que la réduction de la corruption favorise un meilleur accès aux services publics. « Là où la corruption est limitée, l’accès aux services s’élargit », a-t-il affirmé.
Le Directeur général de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph, a insisté sur les conséquences concrètes de la corruption sur la vie des citoyens. « La corruption n’est pas abstraite, elle a des conséquences réelles sur la vie des femmes et l’avenir des filles », a-t-il indiqué, tout en dénonçant le phénomène de sextorsion.
L’événement s’est poursuivi avec trois panels de discussion portant notamment sur la protection des femmes face aux obstacles liés à la corruption, la gouvernance transparente et le leadership féminin, ainsi que les violences institutionnelles qui freinent la participation des femmes dans les politiques publiques.
Les intervenants ont plaidé pour une approche sensible au genre dans la lutte contre la corruption. Me Rose-Berthe Augustin a souligné que « la corruption touche les femmes de manière disproportionnée », tandis que Me Nathalie Wakam Cyprien a expliqué qu’une telle approche permet de mieux analyser les impacts différenciés et de renforcer l’efficacité des stratégies. De son côté, Guillermo Castaldo, conseiller régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les femmes et les filles dans les débats afin de faire entendre leur voix.
À travers cette initiative, l’ULCC et Nègès Mawon ont voulu rappeler que la lutte contre la corruption constitue également un levier essentiel pour la protection des droits des femmes et des filles.
Darline Honoré

