Du 20 au 22 août 2025, la ville de Limoges accueillera la première édition du festival Haïti 221, une initiative portée par l’artiste Darline Gilles. Pensé comme un espace de transmission, de réflexion et de célébration, ce projet met à l’honneur la mémoire haïtienne, les luttes décoloniales et les voix de la diaspora.
Le projet Haïti 221 est né d’un besoin vital de dire, de transmettre, de se souvenir. Un besoin intime, d’abord, pour Darline Gilles, qui vit loin de son pays d’origine mais y reste profondément liée. Et un besoin collectif, face à l’exil, à la crise, à l’effacement progressif de nos récits.
« Il est temps de reconstruire des ponts entre mémoire, dignité et avenir. »
Haïti 221 fait écho aux 221 ans de l’indépendance d’Haïti. Une manière de célébrer cette histoire tout en interrogeant le présent. « Fòk nou toujou sonje kote n soti », rappelle Darline.
Haïti 221 est bien plus qu’un festival culturel : c’est un espace de résistance, une proposition politique qui affirme une démarche décoloniale dans sa programmation, ses méthodes de travail et sa philosophie.Les invité·es sont sélectionné·es pour leur engagement, leur vécu, leur ancrage afrodescendant. Les thématiques abordées – exil, racisme, héritages coloniaux, mémoire – viennent bousculer les représentations dominantes sur Haïti et les corps noirs. La méthode, elle aussi, est politique : travail en collectif, parole partagée, transversalité des disciplines, attention aux récits minorés.
Durant trois (3) jours à Limoges, le public pourra participer à une riche programmation :
Un atelier autour de la fresque d’écologie décoloniale, animé par la CEC (Bruxelles), pour explorer les liens entre colonialisme et crise climatique ;
Une performance théâtrale inédite sur la colonisation et le racisme, centrée sur l’histoire d’Haïti ;
Un concert d’ouverture avec la chanteuse Jehyna Sahyeir, qui mariera les racines vodou à la puissance du jazz ;
Des conférences et projections de films haïtiens, pensées pour questionner, transmettre, faire lien.
Un projet qui a besoin de vous
Une cagnotte en ligne est ouverte pour soutenir l’événement, notamment pour permettre la venue de trois invitées majeures : Yanick Lahens, Sabine Lamour et Judite Blanc.
Les fonds serviront à couvrir leurs frais de transport, hébergement et cachets. Au-delà de l’aide financière, toute forme de soutien est précieuse. Vous pouvez partager la cagnotte, accueillir un·e intervenant·e, aider sur place, proposer un appui logistique ou communicationnel… même un simple message d’encouragement peut faire une grande différence.
Darline Gilles ne voit pas ce festival comme un événement isolé. Elle rêve d’un projet mobile, vivant, transfrontalier, qui puisse exister dans d’autres villes, d’autres pays, là où vit la diaspora, là où la mémoire cherche un ancrage. Et commencer à Limoges, ce n’est pas un hasard : « C’est mon territoire d’accueil. C’est là que je vis, là que je crée. Je commence là où je suis, avec les moyens du bord, mais entourée de personnes engagées. »
A propos de Darline Gilles ?
Darline Gilles est autrice, comédienne et réalisatrice. Elle découvre le théâtre grâce à l’atelier Toto B dirigé par Dieuvela Étienne, qui lui offre un premier rôle sans qu’elle ait reçu de formation.Touchée par la scène, elle se forme en jouant, en créant, en écrivant. Elle explore aujourd’hui des formes multiples – théâtre, performance, courts-métrages – avec une constante : mettre en lumière les voix invisibilisées, particulièrement celles des femmes noires, des exilé·es et des survivant·es. Installée en France, elle y trace sa voie d’artiste indépendante, engagée, résolument portée par les récits de son peuple.

