Festival Nègès Mawon : une décennie de voix, de mémoire et de résistance célébrée en musique

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C’est à l’Hôtel OASIS que s’est clôturée, ce samedi 26 juillet 2026, la 10e édition du festival Nègès Mawon, à travers le vibrant concert “Ala rive lanmou” mêlant voix, lutte et passion.

L’impatience était perceptible bien avant le début du spectacle. Déjà installés dans la salle, les spectateurs attendaient patiemment que les lumières s’allument sur la scène. De temps à autre, les regards se tournaient vers celle-ci, comme pour s’assurer que le moment tant attendu approchait enfin. Pour le concert de clôture de la 10e édition du Festival Nègès Mawon, l’attente était à la hauteur de l’événement.

La soirée s’est ouverte sur une rétrospective du parcours de l’organisation. Dans son allocution d’ouverture, l’animatrice Marie Lunix Hogla Cerisier a rappelé les débuts de Nègès Mawon, les différentes étapes franchies au cours de la dernière décennie ainsi que les thèmes qui ont marqué chacune des éditions du festival. Une manière de replonger le public dans dix années d’engagement en faveur des femmes, de la culture et de la transmission.

Le ton était alors donné pour une soirée riche en émotions, ponctuée de textes, de mises en scène et d’interprétations musicales. Sous la direction de la maestra Charline Jean-Gilles, la chorale Nègès Mawon a livré des prestations captivantes qui ont su maintenir l’attention du public du début à la fin.

Vêtues de tenues aux imprimés africains éclatants, les choristes formaient un tableau vivant où se mêlaient couleurs, élégance et héritage culturel. Les tissus wax aux motifs variés, les coiffes assorties et la disposition harmonieuse de l’ensemble ajoutaient une dimension visuelle remarquable aux performances musicales. Pieds nus, les chanteuses semblaient profondément ancrées dans cette célébration de l’identité et des racines.

Les textes déclamés et les chansons interprétées ont exploré plusieurs facettes de l’expérience féminine. Il a été question de luttes, de résilience, d’amour de soi, mais aussi de vigilance face aux défis auxquels les femmes demeurent confrontées. Plusieurs prestations rendaient également hommage aux ancêtres. Les chants inspirés du répertoire vodou ont particulièrement marqué la soirée, insufflant à la salle une énergie presque palpable. Entre spiritualité, mémoire et affirmation identitaire, ces moments ont créé une véritable communion entre les artistes et le public.

Darline Honoré


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