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Sortir de l'ombre - Fè yo konnen w!

Tag: COVID-19

Nègès Mawon contribue dans la lutte contre la COVID-19

La Covid-19 prend des allures qui agitent la société haïtienne, depuis tantôt trois mois, et portent certaines citoyennes et certains citoyens engagés à s’interroger, et poser des actions en conséquence. C’est le cas de l’association « Nègès Mawon » qui intervient dans les quartiers précaires de Port-au-Prince sous le chapeau de« Inisyativ Vijilans ak Solidarite Sitwayen », un regroupement de plusieurs organisations de la société civile.

« Inisyativ Vijilans ak Solidarite Sitwayen » veut créer une synergie d’actions en vue d’apporter un appui diversifié à des personnes vulnérables de la population haïtienne. Cette initiative réunit plusieurs autres organisations de la société civile, de défense des Droits humains comme le Réseau National de défense des Droits Humains(RNDDH), le Bureau des Droits Humains en Haïti (BDHH) et le Centre d’Analyse et de Recherche des Droits Humains (CARDH )et plus d’une dizaine de citoyen.ne.s engagé.e.s. Trois axes majeurs servent d’appui au mouvement : la sensibilisation et la communication de messages clairs sur la pandémie ; le respect des droits humains et le contrôle sur la gestion des fonds mobilisés pour la gestion de la pandémie dans le pays.

NÈGÈS MAWON à travers sa contribution, se propose de mettre un focus sur les femmes et les filles. Si la population haïtienne, dans son ensemble se trouve exposée aux conséquences de la pandémie de la COVID-19, les femmes et les filles le sont davantage, selon les dires de Pascale Solages, coordinatrice générale de « Nègès Mawon ». Celle qui plaide en faveur d’une approche intégrée de la crise, croit que la crise est dèjà en train d’être mal gérée par le gouvernement. Ce sont les femmes et les filles des quartiers les plus pauvres qui risquent d’être les grandes victimes car les viols, les abus risquent d’augmenter alors que les activités génératrices de revenu et le pouvoir d’achat d’une bonne partie de la population s’amenuisent considérablement.

« Nous, au niveau de Nègès Mawon, dans cette initiative, nous proposons notre expertise, qui est de travailler avec les femmes et les filles, sur plusieurs aspects de leurs vies. Nous apportons notre contribution en termes de sensibilisation, de distribution de matériels et de collecte de données», explique Madame Solages.

Nègès Mawon offre du nécessaire aux femmes et aux filles en vue de les aider à diminuer les risques de contamination. L’association organise aussi des concours sur les connaissances acquises après des sessions d’échanges sur la Covid- 19, une façon de s’assurer que les informations essentielles notamment sur les mesures préventives sont bien assimilées.

Adlyne Bonhomme

Lettre à mon fils…

Mon chéri,

C’est par un après-midi saint que j’ai compris, comme une sorte de révélation, combien l’enfance est un précieux cadeau que personne ne devrait égarer au cours du voyage. Comme si les Saints m’envoyaient un signe. Oui, aujourd’hui est l’unique vendredi qui a le titre honorifique « saint » de cette année de malheur. Faut croire que même le jour l’a oublié. Que dire des pauvres gens que l’inquiétude et la peur occupent déjà leurs pensées. Ces gens qui ne s’arrêtent pas une seconde pour souffler. Ces gens qui accumulent détresse, peine, faim, et sentiment d’insécurité. Ah, ces gens ont las de toujours courir après la vie. Ils ne cessent de quémander des pépites de bonheur sans jamais pouvoir assouvir leur besoin…

J’étais assise sur le toit de la maison pour cueillir des yeux quelques rayons du soleil couchant. Je n’aime pas manquer ce merveilleux spectacle. Depuis qu’on a tous été forcés de respecter la distance sociale, je passais tous mes après-midi sur le toit. Comme d’habitude, mes yeux se perdaient dans l’horizon et je voyageais vers cette lumière rougeâtre qui m’appelait. C’est alors que s’est immiscé dans mon champ, un cerf-volant. Un simple cerf-volant. L’unique dans le ciel à ce moment-là. « En ces temps de grandes tourmentes », me suis-je dit ébahie. Mais ce dernier continuait d’effectuer tranquillement ses pirouettes, comme s’il cherchait à m’intimider. Je commençais peu à peu à l’admirer et à écouter son ronronnement. Il me paraissait petit, mais dans le tableau que j’observais, il avait un rôle éminent. Sûrement quelques bois arrachés d’un cocotier qui se faisait vieux, « un peu de fil de sac » comme on dit chez nous, un morceau de robe ou de drap volé à l’insu de sa maman, un sachet en plastique sans vie, sans couleur, et le tour était joué. Ce n’était qu’un banal cerf-volant. Comme ceux qu’on voit le plus souvent à cette époque de l’année. Ce n’était pas un « Grandou », ni un cerf-volant papillon ou tout autre forme artistique. Il n’était ni grand, ni imposant. Il était simple. Discret. Comme s’il avait peur de se faire remarquer. 

Je suivais ses courbes, ses ondulations, et je m’étais mise à imaginer sa liberté, son bonheur. Plus j’imaginais, plus je l’enviais. Je n’avais d’abord pas compris pourquoi l’envie me gagnait autant. Je me trouvais absurde. Mais en fouillant profondément en moi, au fur et à mesure que je me laissais gagner par la scène qui défilait devant mes yeux, j’ai compris que je n’enviais pas le petit aérodyne lui-même, mais celui qui le faisait valser dans le ciel. J’imaginais ce gamin, insouciant du temps qu’il faisait, des maux qui ravageaient notre planète, de la pandémie qui causaient des milliers de morts, de l’économie mondiale qui chutait considérablement… Il ne se doutait sûrement pas que les médecins n’avaient point de repos depuis que le Covid-19 nous dépossédait de nos rues, de nos parcs, de notre prétendue liberté. Il n’avait peut-être même pas remarqué que les avions ne volaient plus, ou qu’il y avait de moins en moins de produits alimentaires au marché. Il n’avait pas pu surprendre une conversation des grandes personnes s’alarmant concernant la difficulté de trouver un antidote contre le virus.

Se serait-il demandé quand il reprendra l’école ? Non ! Je ne crois pas. Son cerf-volant disait qu’il s’en foutait. Est-ce qu’il s’en foutait ? Ou, lançait-il un doigt d’honneur au gouvernement qui ne cessait de répéter, tel un perroquet auquel on apprend ses premiers mots, les décisions adoptées par les autorités françaises, sans prendre en compte les conditions sociales et économiques désastreuses dans laquelle nous vivons depuis plus d’une vingtaine d’années ? N’était-ce pas sa manière à lui de dire « Monsieur le perroquet, ici chez nous les pauvres, le confinement n’est pas le bienvenu, parce qu’entre le virus et la faim, l’un des deux aura faim de nous. En attendant de mourir, il faut bien se nourrir ».

C’était peut-être un signe d’espoir qu’il envoyait à tous les adultes qui s’éteignaient à petit feu à force de trop s’affoler. Ou peut-être cet enfant était exempt des soucis actuels du monde, et tranquillement honorait la tradition qui veut qu’à cette époque, les jeunes s’emparent d’un coin du ciel pour en faire leur domaine. Peut-être que c’était le seul instant où il sentait qu’il pouvait dominer quelque chose de plus grand que lui. Un cerf-volant qui, s’élevant dans un ciel, avait partiellement rougi. Il s’élevait avec toute l’âme d’un enfant qui attrapait chaque grain de poussière de plaisir que la nature lui envoyait.

Moi, je n’ai jamais compris pourquoi cette activité me fascinait autant. Peut-être parce que, gamine, je n’avais pas pu goûter au plaisir de dompter le ciel, de planer au-dessus de tout, grâce à un cerf-volant. Peut-être parce que je n’ai pas connu cet autre visage du bonheur. J’ai grandi trop vite, sûrement. Maintenant je ne pourrai qu’imaginer ce que ce gamin pouvait ressentir en ce moment. Et je l’enviais. J’enviais son rire de plaisir lorsque le fil faufilait entre ses doigts, je l’enviais d’avoir eu du plaisir en créant son œuvre. Pour lui, ce n’était sûrement pas un simple jouet comme mes yeux d’adulte le décrivaient. Il avait sûrement dû savourer chaque seconde qui suivait la création de son œuvre. Et moi, je ne pouvais qu’essayer d’imaginer. J’étais déjà trop vieille pour comprendre. Mes 35 ans ne me permettaient pas de rajeunir, et de pousser cette porte que ma mère a toujours scellée. Je n’ai jamais compris pourquoi elle nous interdisait certains plaisirs. Aujourd’hui, je lui en veux un peu. Chaque année, à cette époque-là, je lui en voulais toujours un peu, silencieusement.

Cet après-midi-là, ce cerf-volant libérateur m’avait fait oublier le confinement, la quarantaine et la rage du Covid-19. Je n’étais plus du monde des adultes. J’enterrais quelque part dans ma tête cache-nez, gants, et eau de javel. Je ne pensais plus aux millions de corps empilés quelque part, sans vie. Je ne revoyais plus les visages des capitalistes, chefs d’entreprise, qui exposaient les pauvres gens au danger du virus. Je cessais de penser à ceux et celles qui vivent au jour le jour du secteur informel. Toutes ces mères à qui on devrait décerner une médaille pour leur bravoure, ces pères infatigables qui font tout pour aider leurs enfants. J’avais tout oublié, l’espace d’un coucher de soleil, pour regarder à travers les yeux de ce gamin pour qui rien d’autre n’avait d’importance que cette petite chose qui lui procurait tant de béatitude.

Alors je t’écris ces lignes pour que jamais tu n’oublies de vivre ton enfance. Je ne préfère pas te laisser des mots qui relatent les ravages du virus dans le monde. Je ne te parle pas de tout ce temps de confinement, des effets psychologiques, économiques, des pertes en vie humaine. Je ne tiens pas non plus à relater les bienfaits écologiques de ce moment de pause qu’a connu le monde… D’autre s’en chargeront à ma place. Mais personne ne se souviendra de ce spectacle. Personne ne pourra te le raconter. Personne ne prendra la peine de te rappeler que le bonheur se cache dans chacun des instants que la vie t’offrira. Personne ne prendra la peine de te dire que le temps est poésie. Le temps est amour. Le temps est plus amour que tout autre chose. Tout dépend de ce que tu choisis d’en faire. Un jour, peut-être, comme moi, tu seras assis dans un coin tranquille, en te remémorant les instants inoubliables de ton âge d’or. Tu te souviendras de cette lettre. Et tu feras, peut-être, le même geste d’amour envers ta future progéniture. Tu rejoindras ce monde situé entre l’enfance et l’adulte, parmi ces gens qui n’ont jamais enterré l’enfant qu’ils étaient, et qui continuent de réclamer leur coin de ciel, au côté de ceux qui bientôt, prendront leur place.

Syndia Messalah Louis

Entrevue | Carline D. Ostiné apporte son aide aux familles haïtiennes face au COVID-19

Dans le cadre d’une initiative philanthropique visant à faire bénéficier d’un accompagnement alimentaire à 200 familles haïtiennes , MUS’ELLES a interviewé Carline D. Ostiné l’un des instigateurs de cette initiative.

Pouvez-vous vous présenter aux lectrices et lecteurs de MUS’ELLES?

Bonjour aux lecteurs et lectrices de Mus’elles. Je vous remercie de me donner l’opportunité de m’adresser au public très avisé de votre journal. Je suis mère de famille, J’ai eu une carrière en Administration des entreprises avant de laisser Haïti. Maintenant, je travaille dans le domaine médical pour une agence à New York, et Je suis étudiante finissante en « Administration des Services Médicaux. »

A quel moment vous est venue l’idée de lancer cette initiative ?

Vous savez, lors d’une catastrophe (séisme, ouragan, épidémie), il y a parfois une sorte de confusion par rapport à ce que nous ressentons. Toutefois, au-delà de la peur, de l’angoisse et de la solitude, car disons-le, le Covid 19 et les mesures de distanciation sociale et de confinement qui sont préconisés pour éviter la propagation de la maladie, nous imposent un isolement social, au-delà du stress ambiant, j’avais décidé, depuis le jour où les premiers cas ont été enregistrés en Haïti, dans un élan de solidarité, de venir en aide aux plus démunis d’entre nous en Haïti.

Quelle est la motivation derrière ce projet visant à faciliter des denrées alimentaires à 200 familles dans le contexte du Covid-19 ?

En réalité, l’idée initiale c’était de recueillir des fonds pour pouvoir acheter des masques pour que des membres de la population puissent se protéger. Cependant, après avoir présenté le projet à mes ami-e-s. Certains d’entre eux m’ont fait comprendre, considérant la vulnérabilité et la précarité de la population et tenant compte de la malnutrition et de la sous-alimentation auxquelles sont confrontés beaucoup de nos compatriotes, qu’il serait plus opportun de se procurer des kits alimentaires dans le cadre de ce projet.

Qui d’ autre fait partie de l’équipe ?

Les belles âmes attirent les belles âmes. Même si je suis l’initiatrice du mouvement, il faut dire que ce projet ne m’appartient plus. Il y a des personnes extraordinaires qui se sont appropriées du projet. Ils sont partout ces personnes de bonne volonté qui m’accompagnent. Sur les réseaux sociaux, vous pouvez voir qu’il y a toute une dynamique positive qui s’est créée autour de cette collecte de fonds. J’en profite pour remercier tous ceux et celles qui ont mis leur nom, leur réputation et leur réseau au service de cette belle initiative. En résumé, il y a tout un staff, toute une équipe aussi dynamique, dévouée qu’infatigable avec moi. Merci à Stéphanie Madjiny Vital, Cottecheese Pierre ,Yrieno Chery, Raphael Marc Carls, Leinadine Maurice, Stephanie Boucher, Cynthia Kersaint, Richenel Ostine, Jonathan Dorcela, Barbara Bosquet, Valerie Moise… pour ne citer que ceux-là.

Le groupe de Compas, Siromiel apporte son aide à l’initiative

Comment cela progresse? Avez- vous beaucoup d’autres personnes qui souhaitent soutenir le projet ?

Le projet progresse très bien. Vous savez, malgré les coups bas et les abus de confiance concernant les collectes de fonds dans le cadre de la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier, je suis heureuse de constater que le peuple Haïtien n’a pas perdu sa capacité à faire confiance. C’est pour vous dire que nous avons reçu des soutiens et des appuis de la part de tous les milieux et de tous les secteurs.

Quels sont les critères pour qu’une personne puisse bénéficier de cette aide?

C’est une bonne question. Les groupes les plus vulnérables de la population haïtienne, parmi lesquelles figurent les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap risquent d’être plus fragilisées dans un contexte de crises sanitaires et sociales. Ce sont ces catégories, entre autres, que nous voulons toucher particulièrement.

Comment seront acheminés les kits sans risquer une possible propagation du Coronavirus ?

Pour cela, le groupe a décidé de faire une distribution de porte à porte pour éviter à ce qu’on se trouve avec un groupe de personnes comme on sait le voir, c’est justement pour éviter la propagation du virus tout en respectant le principe de la distanciation. On veut aider les gens, et non pas les mettre dans une situation susceptible d’accroître leur vulnérabilité ou de les exposer.

Prévoyez-vous d’autres activités dans le contexte de la pandémie?

Nous voulons créer un effet d’entraînement en termes de solidarité et de partage dans ce contexte de crise. Je suis vraiment heureuse de constater à cet effet que d’autres initiatives ont été prises dans cette perspective. Je salue les initiatives de tous les secteurs. Face à l’urgence, toutes les activités qui peuvent apporter du réconfort et un peu de soutien à la population sont les bienvenues. Il n’est donc pas exclu de faire d’autres activités en ce sens.

Un dernier mot?

Merci de nous avoir accordé cette entrevue. C’est une excellente façon de contribuer à la réussite de la cause. Je tiens à rappeler à tout le monde que nous sommes dans un moment de crise et d’urgence. Il est important de s’entraider tout en essayant de respecter les consignes pour éviter la propagation de la Covid-19. Lavez vos Mains, Respectez la Distance Sociale et surtout Restez à la maison.

Propos recueillis par Jeanne-Elsa Chéry


PS: Pour ceux qui souhaitent apporter leur contribution à ce projet de distribution de kites alimentaires voici les moyens pour le faire :

Via MonCash : +509 44 15 4355

Via CashApp : $CarlineOstine

Via PayPal : cottecheese@yahoo.fr

Lien gofundme : https://www.gofundme.com/f/1t5gin5yuo?sharetype=teams&member=4162086&utm_medium=social&utm_source=facebook&utm_campaign=p_na+share-sheet&pc_code=fb_co_dashboard_a&rcid=90a5466d16434a45bdcfe7c3bad6f730

Des dessins artistiques pour penser le confinement et ses mille et un visages

Reproduire les multiples visages que prennent le confinement dans le contexte de propagation du Covid-19, c’est la motivation de Nathania Périclès, qui a lancé le challenge #Donnezmoiunvisage, #lesmilleetunduconfinement. Depuis le jeudi 2 avril 2020, circulent principalement sur Facebook des desseins vibrant d’imagination, d’émotion, de créativité, d’un coin à l’autre, d’un artiste à l’autre, en ces moments particuliers, où le confinement est vécu tantôt comme un choc culturel, tantôt comme un luxe…

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« On a un nom pour la maladie, mais les vécus, les ressentis, hors des foyers de contamination ou des services de soin ne sont pas tant priorisés par les médias mainstream. C’est pourquoi, des artistes puisent de leur imagination pour produire des expressions du climat tumultueux du moment»,

confie la plasticienne Nathania Périclès.

Comme elle, plusieurs artistes en arts visuels réalisent chez eux, avec les matières qu’ils trouvent sous la main, des dessins pour traduire en images le confinement. Certains hésitent encore à partager leurs œuvres jugeant qu’elles ne sont pas à la hauteur de leurs ambitions, ou pas encore prêtes à être présentées au public, tandis que d’autres fleurissent les réseaux sociaux des derniers fruits de leur imagination. Autant de visages, autant de situations, autant de ressentis, de frustrations.

« Parce qu’on ne peut pas mettre un seul visage sur le confinement, on le vit en fonction de sa géographie, de son pays de résidence, du fait qu’on soit en couple ou pas, contaminé ou pas. Même une seule personne peut vivre différents moments»,

postule Nathania Périclès qui poursuit un master en scénographie à Strasbourg.

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Nicolas Verguin, un étudiant en scénographie à la Haute École des Arts du Rhin(HEAR) qui s’est lui aussi prêté au jeu du challenge, avoue que le confinement est un vrai cauchemar pour lui. Son envie de dessiner des séries de visages vient du fait qu’éloigné de ses proches et amis pendant une durée indéterminée, il voulait tout de même recréer des scènes ainsi que mettre en lumière et en ombre différents types de visages en confinement.

 « Je trouve que cela a du sens en cette période très concrète de confinement où personne ne sait vraiment comment les choses vont se poursuivre et quel sera l’après »,

clame-t-il.

L’artiste n’éprouve pas jusqu’à présent de difficultés particulières à réaliser un tel exercice en cette période inédite qui stimule les créateurs à réinventer leurs rythmes de production. Il a toutefois des questions qui lui taraudent l’esprit : « Où vais-je et qu’est-ce que cela veut dire pour moi ? Où tout cela nous mène, en tant qu’artistes ? »

Corinne Périclès, qui a dessiné un autoportrait( Dessin en couverture) pour prendre part au challenge, parle de ce qui l’a poussé à suivre le courant du challenge. Elle revient aussi sur ses retombées:

«Ce challenge a suscité des regards, des retours sur ce qui nous traverse comme humains d’abord, comme artistes ensuite, tentant de sculpter à notre manière ce que nous ressentons face à ce virus, invisible à l’œil nu mais qui fait planer l’incertitude au-dessus de nos têtes. Je voulais en profiter pour allier ma verve créatrice et mon envie de garder l’espoir que viendront des jours meilleurs. »

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Des artistes tels que Sylvie Laurent Pourcel, Pascale Faublas, Mirmonde blaise , Mackenley Darius, Walner O. REGISTRE dit Doc Wor, Kervens Prévaris, Marjolaine Mansot, James Pierre dit Kakarat, ont tous mis en branle leurs crayons pour concevoir différents visages de confinement.

En plus de projeter ces différents visages, ce challenge a pu inciter les participant.e.s à se ressourcer; il a facilité le réseautage entre des artistes vivant en Haïti, en France à Belgique et à Montréal. Des retrouvailles, des discussions sont provoquées, ont confié plusieurs autres participant.e.s.

« Ce qu’il y a d’intéressant et d’inattendu, c’est de ne pas pouvoir cerner l’aboutissement de ce mouvement de création. Même si produire un album contenant ce florilège de dessins considérés comme des définitions de situations de confinement, serait un acquis ou un témoignage des réponses surtout personnelles et interindividuelles au confinement lié au Covid-19. », soutient Nathania Périclès.

Jeanne-Elsa Chéry

Yon kesyon 2 vitès – Kettly Mars

Un dous
Un chaud
Demildis tranbleman
Frape nou sou bounda
Yon kousiprann
Ki kase ren nou…
Demilven
Viris la ap vanse dousman
San fè bwi
Tankou w chat nwa nan fènwa
Vlou anba pye l…
Lalin ak solèy
Kilès ou pi pito? …
Korona mize nan wout
Men li pa pot bon nouvèl
Nap viv sou 2 vitès
Un dous
Un chaud
Nou deja mouri
Men nou poko fin viv
Se kounyea nou ta viv
Tèlman gen solèy pou lanmè vale
Tèlman gen van pou bay fèy kokoye lanmou
Un dous
Un chaud
Nou ta vle l vini
Pou yon lè nou ka fini
Li deja la
N ap chache l nou pa wè l
Son w lamayòt
Yon madigra byen maske
Nou ta vle dòmi
Epi n leve
Epi tout dezagreman pati
Un dous
Un chaud
Yon zwazo chante li fenk midi
Rèl yon kaw travèse syèl la pakanpak
Pandan l prale l ap dekoupe limyè a
Un dous
Un chaud
Nou pè n pa pè
Sa k ap zenn ap zenn
Sa k ap frikat ap frikat
Genyen k ap pwofite fè mago
Onon di Pèp edifis edisentespri
Tout jan n ap viv
Nou toujou sou 2 vitès
Un dous
Un chaud
Un dous
Un chaud
Doudou se konsa l ye tou
Lè mwen avè w n ap byen fè l

Kettly Mars – 8 avril 2020

Journal d’un confinement

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