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Sortir de l'ombre - Fè yo konnen w!

Tag: Afrique

Emma-Vagabonde | fin de voyage

Première participation de Kolektif 2 D à « Les rencontres de Bamako »

Du 30 novembre 2019 au 31 janvier 2020, la capitale malienne accueille la 12ème édition des rencontres de Bamako. Haïti y sera représentée par Kolektif 2 Dimensyon. L’évènement qui met le focus sur les œuvres des photographes africains et de la diaspora expose un pan du mémoire de peuple haïtien par l’entremise de Kolektif 2 D, avec « Kazal: Mémoire d’un massacre sous Duvalier », préalablement exposé en Haïti, cette année.

Kolektif 2 D prend part pour la première fois au Festival Les rencontres de Bamako qui célèbre 25 années de leur existence cette année. Fondé en 1994, le plus prisé des évènements Photographiques sur le continent africain ramasse cette année « les histoires politiques et idéologiques », d’où l’importance de l’exposition sur la localité de Casale qui permet de revivre le massacre d’une dizaine de paysans haïtiens, le 27 mars 1969 par les tontons Macoute. « Mémoire d’un massacre sous Duvalier est une coproduction de Kolektif 2 D et de Fokal qui s’est réalisée sur une période de 4 ans et exposé en mars et avril de cette année, à l’occasion du 50ème anniversaire du massacre.

Photo de l’exposition de K2D à « Les rencontres de Bamako »
Photo de l’exposition de K2D à « Les rencontres de Bamako »

Les Rencontres de Bamako participent à un processus de valorisation et d’innovation du secteur de la photographie. Cette manifestation artistique de la photographie contemporaine sur le continent africain mettra en vedette les œuvres de 85 artistes au total, même si la Biennale Africaine de la photographie priorise les œuvres collectives. Cette année, c’est le Ministère de la Culture du Mali qui prend les rênes de l’évènement, contrairement aux années précédentes où l’Institut français du Mali était aux commandes. Plusieurs sites tels que le Musée national du Mali, le Palais de la Culture, le Musée de la femme se prêteront à l’évènement qui fête ses 25 ans d’existence.

« Nous sommes traversés par la joie et la fierté de pouvoir représenter notre pays à cet évènement parce que c’est l’une des plus prestigieuses expositions de la photographie mondiale et sur le continent africain. Notre participation prouve qu’au niveau du Kolektif 2 D, nous faisons un travail de qualité », explique Edine Celestin membre du Kolektif 2 D.

Photo de l’exposition de K2D à « Les rencontres de Bamako »
Photo de l’exposition de K2D à « Les rencontres de Bamako »

Outre leur participation à cette grande manifestation photographique, Edine Celestin espère représenter dignement la photographie haïtienne : « C’est une grande opportunité de représenter la photographie haïtienne sur le marché international car même si la Biennale est consacrée aux œuvres africaines et de la diaspora, beaucoup de professionnels du monde entier seront là pour apprécier et même encadrer les exposants ».

Leur participation a été rendue possible grâce au Festival des rencontres de Bamako, la FOKAL et l’Ambassade de France en Haïti.  

Jeanne-Elsa Chery

Doom Doom la (Tout timoun, se timoun)

Ici, c’est le nouveau numéro d’Emma-Vagabonde, “Doom Doom la (Tout ti moun, se timoun)”. Emma y parle de son experience dans son stage, de la hiérarchie dans ce milieu et des conflits qui y sont nés. Suivez Emma-Vagabonde sur nos réseaux sociaux, Twitter, Facebook et Instagram ou directement sur notre site internet. Photos, vidéos, témoignages, textes, beaucoup de choses sont à venir. Tenez-vous prêt pour cette Emma toujours excitée de vagabonder.

Comme le dirait Marie Gaye (interviewé dans un journal, les métiers d’enseignement, d’éducation, d’instruction, ne nourrissent pas l’éducateur en soi, mais apporte une compensation morale ainsi que la satisfaction d’avoir participé à la formation des hommes et des femmes sur plusieurs générations.

L’éducation spécialisée désigne une branche en Travail social qui consiste à trouver des moyens, à faire des actions éducatives, dans le but d’accompagner une ou des personnes ayant des difficultés d’apprentissage. L’éducateur spécialisé se doit de participer dans l’intégration de toute personne ayant des besoins spéciaux.

Ses trois champs d’intervention sont :

D’abord, faire de la prévention, de la sensibilisation face au développement d’un problème imminent. Cela se fait par l’éducation des facteurs de risque associés et par la promotion de la santé par l’augmentation des facteurs de protection.

Ensuite, il y a de l’intervention par l’intégration et l’éducation de la clientèle qui est desservie. Atteindre le but se fera en développant des habiletés à favoriser l’intégration de la clientèle, selon ses capacités et ses limites.

Enfin, la réadaptation qui est plutôt une forme d’intervention, mais curative. Elle consiste à développer un ensemble de moyens médico-sociaux qui aideront la clientèle à trouver un quotidien fonctionnel dans le traitement de sa problématique. (Bissonette, 2009)

Mon métier

Pour simplifier tout ça, dans mon métier, j’accompagne les enfants, adolescents qui ont leur propre rythme de fonctionnement et d’apprentissage dans le but de parvenir à suivre le cours de la vie comme n’importe quel jeune. Ou d’être tout simplement fonctionnel en tant que personne.

C’est-à-dire avoir les bases pour vivre respectueusement en société. Comme savoir lire un avis important, savoir écrire son nom, être autonome à maintenir une bonne hygiène de vie, apprendre le respect de soi et des autres, utiliser sa créativité comme un emploi ou intégrer un milieu dans son intérêt dans le but de ne pas vivre du rejet et d’être indépendant comme être. Le but étant de donner de la place à tous dans un monde où nous sommes différents et uniques. Alors, je me suis laissée emportée par cette belle passion, pour aller offrir mon amour et disposer mon temps au service de beaux, petits anges de Dakar.

Lors de ma première semaine de stage, je me suis rendue dans mon milieu de stage. Au courant de cette journée, j’ai assisté à la première rencontre d’équipe.

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Le Milieu

Selon les renseignements du site de l’établissement, l’Association Sénégalaise pour la Protection des Enfants Déficients Mentaux (ASEDEME) est née à Dakar, le 16 décembre 1989, de la volonté d’une femme avocate, Aminata Mbaye, et d’un groupe de parents soucieux de l’avenir de leurs enfants.

Encouragée par des membres du corps médical (psychiatre, pédopsychiatre, orthophoniste, psychomotricien), cette équipe opiniâtre et volontaire a su insuffler autour d’elle le désir de faire cesser cet ostracisme à l’égard des enfants « différents », en offrant une structure capable de les accueillir et de les soigner. Grâce à l’obtention d’un terrain de 2 500 m2 à Grand-Yoff, mis à sa disposition par l’État, avec la bonne volonté des bénévoles, l’appui des amis et le soutien de généreux mécènes, l’Asedeme a pu mener à bien son projet et ouvrir à la rentrée scolaire 2003, le premier institut médico-éducatif appelé Centre Aminata Mbaye, en souvenir de la fondatrice disparue prématurément en 1998. Il accueille aujourd’hui 113 enfants déficients intellectuels.

Le centre participe à la formation académique des jeunes, de 5 à 25 ans. D’abord, ils viennent pour apprendre les bases académiques telles que lire et écrire. Ils font parallèlement des ateliers de poterie, couture, jardinage, etc. Ces activités sont disposées non seulement pour favoriser un meilleur contexte d’apprentissage pour les jeunes, mais aussi afin de les outiller pour la vie. Certains d’entre eux vont en stage et se font embaucher par les milieux de stage. Dans le centre, on retrouve majoritairement des cas de trisomie 21, de déficience intellectuelle légère, moyenne ou grande, des difficultés de langages, des cas du spectre autistique, etc. Il y a beaucoup à faire et je ne me croise pas les bras.

” cette équipe opiniâtre et volontaire a su insuffler autour d’elle le désir de faire cesser cet ostracisme à l’égard des enfants « différents », en offrant une structure capable de les accueillir et de les soigner.”

Emma-Vagabonde

La hiérarchie dans le milieu

Lors de ma deuxième semaine de stage, je me rends vraiment compte que je fais face à un choc culturel dans mon milieu de stage. D’abord, il y a le fameux patron. Un homme qui entrera bientôt dans le troisième âge ou vieillit bien. Dès qu’il a pris la parole à la rencontre (je l’ai jugé en partant), il est condescendant et parle avec dédain. Il semble vouloir faire du sarcasme, mais son sarcasme est irrespectueux. Son sarcasme ne tient pas nécessairement à mon goût. Il traite les éducateurs et éducatrices (tous des Sénégalais) de paresseux.

Tout le monde la tête baissée, l’écoute sans être en mesure de placer un mot en commentaire ou de poser une question. Oughh, j’ai eu l’impression d’être dans un champ à récolter du coton en plein midi. Le dégoût que j’ai eu à l’écouter parler. J’étais quasiment la seule noire à le regarder droit dans les yeux dans ses discours dédaigneux. Cela ne doit pas faire de grandes différences pour lui que je sois noire, puisqu’il l’a si bien dit, je suis stagiaire canadien. Ça veut dire ce que ça veut dire.

“Lors de ma deuxième semaine de stage, je me rends vraiment compte que je fais face à un choc culturel dans mon milieu de stage.”

Emma-Vagabonde
Emma Roberte devant la porte du Centre Aminata Mbaye

Des professeurs totalement effacés devant leur patron

De ce que j’ai cru comprendre, il est parvenu à siéger à ce poste parce que les Français sont devenus des partenaires du centre au fil du temps. Les éducateurs et éducatrices n’interagissaient pas trop lors des discours du patron. Lorsqu’ils parvenaient à le faire, ils étaient moins confiants à s’exprimer. Certains parlaient avec la main devant la bouche et on n’entendait pas clairement leurs propos.

Les seuls qui avaient beaucoup de confiance et d’assurance dans leur prise de parole semblaient avoir étudié en Europe. Le non-verbal m’a aussi fait réfléchir. Je me suis quand même gardée une retenue dans mes jugements, parce que c’était un premier contact avec le milieu et l’équipe, mais les comportements observables m’ont sauté aux yeux.

 Une institution comme celle-là a besoin d’une bonne structure et un dirigeant très organisé pour susciter sa bonne marche. Toutefois, ce n’est pas en étant irrespectueux avec l’équipe, qui quotidiennement vie les crises avec les enfants qu’il faut être léger dans ses propos. Je trouve très simpliste et terre-à-terre le langage professionnel des responsables ou membre de la direction.

“Non, je n’aime pas mon milieu de stage. Selon moi, il est trop hiérarchisé, lorsque les membres de la direction sont incompétents pour toutes les pressions qu’ils nous mettent.”

Emma-Vagabonde

Le conflit…

 J’ai eu un bon rapport avec l’éducatrice avec qui je vais travailler toute la session. Elle est très gentille et ouverte. Cela fait déjà cinq ans qu’elle travaille avec des enfants à besoins spéciaux dans ce centre. Nous avons planifié notre façon de travailler durant les prochaines semaines et nous prévoyons de mieux rayonner notre salle de classe. Je compte participer activement dans l’élaboration des moyens d’apprentissage pour les jeunes.

Toutefois, il y a un souci. Je me retrouve au sein d’un conflit de groupe. Un conflit qui ne date pas d’hier entre ma collègue et les autres membres de la direction. De ce fait, je me retrouve quelquefois à être pressurée par ma collègue parce qu’elle vit comme pression de la direction sont énormes.

Non, je n’aime pas mon milieu de stage. Selon moi, il est trop hiérarchisé, lorsque les membres de la direction sont incompétents pour toutes les pressions qu’ils nous mettent. Je me retrouve à attendre vendredi chaque lundi et à veiller à chaque 13 heures dès 8 heures. Ce n’est pas dans ma façon de faire en tant que professionnel. Je ne vais pourtant pas abandonner mon stage. C’est dans l’adversité que j’apprends toujours les meilleures leçons.

En bonus 

J’ai fait la rencontre d’une petite fille adorable qui me ressemble tel mon reflet de fillette. La première fois qu’on s’est croisé, on s’est aimé. Elle me sourit, sa bouche souriante et sa dent cassée accueillante font place à un ruisseau de bave. Comment résister à autant d’amour. Ces enfants sont ma source d’énergies positives afin de continuer ce bon combat !

Doom Doom La !

Emma-Vagabonde

Emma-Vagabonde

Mus’Elles tient à s’excuser auprès de son public pour l’irrégularité dans la publication du carnet de voyage d’Emma-Vagabonde. Mus’Elles fait de son mieux pour continuer le travail depuis les récents troubles politiques qui font trembler les rues de Port-au-Prince et ses occupants, depuis environs cinq semaines maintenant.

Lire aussi

Emma-Vagabonde | Dieuredieuf

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Hello tout le monde! Voici le nouveau numéro d’Emma-Vagabonde, « Dieuredieuf».

Elle de son premier contact avec sa famille d’accueil, de sa Tata, de sa sœur, du village artistique de Thiès et de sa premiere experience de drague avec un sénégalais. Plus de numéros sont à venir, du lundi au vendredi à partir de 18 : 00. Suivez Emma-Vagabonde sur nos réseaux sociaux, Twitter, Facebook et Instagram ou directement sur notre site internet. Photos, vidéos, témoignages, textes, beaucoup de choses sont à venir. Tenez-vous prêt pour cette Emma toujours excitée de vagabonder.

Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
Conception graphique : Hervia Dorsinville
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Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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info@muselles.org

Emma-Vagabonde | Toujours excitée

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Hello tout le monde! Voici le nouveau numéro d’Emma-Vagabonde, « Toujours excitée ».

Elle y parle du groupe d’étudiants qui l’accompagne dans ce voyage, de l’art du tissage, à travers une visite guidée  aux manufactures Sénégalaises des Arts Décoratifs (MSAD) de Thiès, qu’elle a prit part. Emma-Vagabonde parle aussi de sa petite randonnée dans la ville de Thiès, de la ville elle-même, des gens, etc. Plus de numéros sont à venir, du lundi au vendredi à partir de 18 : 00. Suivez Emma-Vagabonde sur nos réseaux sociaux, Twitter, Facebook et Instagram ou directement sur notre site internet. Photos, vidéos, témoignages, textes, beaucoup de choses sont à venir. Tenez-vous prêt pour cette Emma toujours excitée de vagabonder.

Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
Conception graphique : Hervia Dorsinville
Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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Emma-Vagabonde – Dakar – 2019
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Webographie

Sources de certaines photos

Emma-Vagabonde | 2 pieds sur terre

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Hello tout le monde! Voici le nouveau numéro d’Emma-Vagabonde, “2 pieds sur terre”.

Elle y parle de son voyage en avion, de son arrivée à l’aéroport, de son premier contact avec les Sénégalais, leur langue, leur culture. Plus de numéros sont à venir. Suivez Emma-Vagabonde sur nos réseaux sociaux, Twitter, Facebook et Instagram ou directement sur notre site internet. Photos, videos, témoignages, textes, beaucoup de choses sont à venir. Tenez-vous prêt pour cette Vagabonde d’Emma.

Emma-Vagabonde – 2019 – Dakar
Conception graphique : Hervia Dorsinville
Emma-Vagabonde – 2019 – Dakar
Conception graphique : Hervia Dorsinville
Emma-Vagabonde – 2019 – Dakar
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Mus’Elles

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Emma-Vagabonde

Hello! Mus’Elles a quelque chose de nouveau pour vous !

Emma Roberte, l’une des membres fondatrices de Mus’Elles, part pour notre mère l’Afrique, plus précisément au Sénégal pour un stage international. À Dakar, elle va travailler en tant technicienne en éducation spécialisée. Emma sera accompagnatrice dans une école qui dessert une clientèle de jeunes ayant des difficultés d’apprentissage. Son mandat a été rédigé par les professionnels sénégalais qui souhaitent recevoir son support en tant que TES. Ce projet est financé par affaire mondiale Canada et elle part avec l’organisme Mer et Monde.

Durant son séjour, Emma va vivre en pleine immersion dans une nouvelle famille qu’elle ne connaît pas encore et qu’elle aura à adopter comme sienne durant six mois. Notre chère Emma, partage son émoi avec ses mots :

« Je vais vivre des émotions que je ne saurai jamais décrire lorsque je me retrouverai sur la terre de mes ancêtres. Je serai la première de ma famille à revoir le port où mes ancêtres avaient quitté des siècles écoulés. »

Emma Roberte

Pour cela, elle tenait à partager avec nous, ici en Haïti et ailleurs, un peu de son parcours, de son vécu, de ses ressenties, de ses couleurs, via un carnet de voyage en ligne qu’elle rédigera régulièrement à travers Mus’elles.

Conception graphique : Hervia Dorsinville 

Emma-Vagabonde 2019 - Dakar
Emma-Vagabonde – 2019 – Dakar
Conception graphique : Hervia Dorsinville

Elle ajoute :

« Ce départ sera aussi le voyage vers une partie de moi que j’ai longtemps cherché. Ce sera de me faire rejeter, parce que je ne serai pas autant africaine que je le crois, parce que mes façons de faire, ne seront certainement pas les mêmes. Ce sera d’apprendre à faire selon les coutumes des autres. J’aurai à changer quelques-unes de mes habitudes pour m’intégrer dans cette société. Personnellement tant que professionnellement, je serai nourris. »

Emma Roberte
Conception graphique : Hervia Dorsinville 

Emma-Vagabonde 2019 - Dakar
Emma-Vagabonde – 2019 – Dakar
Conception graphique : Hervia Dorsinville

Un super et bon voyage Emma !!!

Mus’Elles

RootSa : Une mode riche et plus proche des racines africaines

Après ses trois collections de vêtements inspirés de la culture africaine et haïtienne, Cottecheese Pierre, ex-Miss Vidéomax, a su laisser sa marque dans le milieu de la mode en Haïti. Depuis janvier 2018, elle a lancé sa propre ligne de collection de vêtements et accessoires, RootSa, pour reconnecter Haïti avec ses racines, africaine.

L’histoire de Rootsa débute avec le lancement de sa première collection Rosanne, en l’honneur de la défunte mère de la créatrice. Et comme par magie, l’univers n’a pas cessé de sourire à cette jeune styliste. Elle s’est rendue au Bénin, s’est plongée dans la culture et le monde colorés de ce pays et elle a donné naissance à Ouidah, une autre collection pour nous rappeler notre riche passé avec l’Afrique. Sa dernière collection, présentée en décembre dernier, nommée Kandjiema, en l’honneur de sa belle-sœur béninoise, est plus riche que les deux premières, avec du Carebella et des mélanges de près d’une trentaine de pièces. De plus, cette jeune femme qui n’est jamais en panne d’inspiration et une dure en besogne, travaille actuellement sur d’autres collections.

RootSa a officiellement débuté le 5 janvier 2018, mais l’idée lui est venue depuis octobre 2017. Sa compagnie a un an déjà, qu’elle a fêté en grande pompe, à l’habitation Turpin, en début d’année le 26 janvier 2019. Des personnalités comme, l’artiste Jocelyne Bijou, la gagnante du concours « Chantons avec Lionel Benjamin », Kenia Nemorin, le couple de journalistes Sheilla et Michel Joseph, la féministe Pascale Solages, l’humoriste JeanMau, Eddy Jackson Alexis, secrétaire d’Etat à la communication, Stéphanie Douyon de Catch Agency ou encore Bregard Anderson, directeur général de Radio Télévision Caraïbe, étaient tous présents.

Actuellement, elle travaille avec une belle équipe de cinq femmes et trois hommes depuis que les commandes ont explosé. Car elle reçoit de nombreuses commandes personnalisées où elle offre à chaque personne la possibilité d’ajouter sa petite touche à ses modèles. Et elle a une boutique en ligne, et sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook, où ses clients peuvent venir découvrir ses dernières créations. Cependant, elle privilégie un rapport de proximité avec ses clients, les connaître  en personne, comprendre leurs désirs et RootSa assure la livraison partout en Haïti et dans certains pays.

« L’idée de me lancer dans une entreprise, de créer quelque chose qui m’appartient, dont ma fille pourrait hériter, partage-t-elle avec émotion. Et le fait d’avoir été mère a bousculé mes aptitudes, mon confort ; m’a ramené à ce que j’aime faire. »

Tout début est difficile, il a fallu qu’elle s’adapte, qu’elle fasse confiance à des partenaires. D’Octobre à décembre, en 2018, elle a dû prospecter, trouver un site internet, et autres activités dont elle avait avant peu la maîtrise. Et quatre à cinq mois plus tard, Roosta s’est vraiment lancé en proposant au public haïtien des modèles de vêtements artisanaux, sur mesure et contemporains en wax (tissu africain). Avec une large clientèle (Haïti, États-unis, France, Canada, et Angleterre), elle propose des décolletés, des robes pour toutes les occasions, des vêtements personnalisables pour toute une famille, des beaux bijoux pour enfants et des sacs à main.

Durant l’été de l’année 2006, couronnée Miss Vidéomax , elle a été baignée dans un monde de beaux vêtements, de défiler de mode et de créateurs. Et Cottecheese a pris goût à cette existence de star, surtout que durant un an, elle a été ambassadrice de la jeunesse pour une organisation non-gouvernementale, ce qui lui a permis de beaucoup voyagé et de faire des rencontres intéressantes.

Grâce à ses études en sciences politiques, elle a pu trouver un poste au Parlement haïtien. Cette battante, a également eu un parcours dans la presse, avec la Télévision nationale d’Haïti (TNH), à la Radio Métropole, et à Télémax. Après un tel parcours sur le marché du travail en Haïti, Cottecheese a quitté le pays en direction pour la France, en septembre 2013, afin de réaliser un master en Administration d’entreprise. À la suite de ses études en administration, elle s’est installée et a commencé à travailler. Elle raconte :

« Je voulais parfaire mes compétences, et ce n’est qu’ensuite, je suis devenue entrepreneure avec RootSa. »

Cinq après ses études en France, soit en 2018, RootSa a pris vie. Le nom a été inspiré de sa fille Sarah qu’elle a eue avec son mari d’origine béninoise. Cette appellation signifie Les racines de Sarah. Très observatrice des styles vestimentaires des différentes personnalités, « la mode a toujours été ma passion secrète », avoue-t-elle. « Ce qui m’a inspirée à me lancer dans la mode, c’est le monde autour de moi, mais aussi l’impression qu’il y a encore de la place, mettre de nouvelles idées au service d’un nouveau style; pour de l’affirmation de soi. » Toujours intéressée par la mode, elle a été une fille « un petit peu précieuse » et « très élégante », donc elle a seulement laissé percer à jour cet autre trait de sa personnalité et proposer son propre style au monde entier.

Son premier client fut un membre de sa famille, qui lui a acheté une robe qu’elle portait lors d’une séance photo. Cette première vente spontanée, « m’a beaucoup donné confiance en moi » partage-t-elle avec un air nostalgique. Ses proches se sont toujours tenus près d’elle et l’ont soutenu dans son entreprise, malgré les nombreuses difficultés rencontrées sur sa route. Comme le fait de rendre RootSa rentable le plus rapidement possible. Mais elle a compris que ce n’était pas possible « de jouir aussi tôt du fruit de ses efforts ». La jeune entrepreneure a dû tenir bon, avec ses maigres ressources pour faire fonctionner son business et continuer de vivre.

Bien sûr, il y a eu des jours vraiment pénibles, surtout lorsqu’elle a eu à faire la part des choses entre son travail dans RootSa et sa famille. Parce qu’entre voyage, travail, études et entrepreneuriat, Cottecheese n’oublie pas qu’elle est mère d’une joyeuse petite fille. Il fallait qu’elle gère son temps de façon rentable, tout en satisfaisant les commandes personnalisé de ses clients qui sont nombreux, et les besoins de sa famille qu’elle aime tant.

« Il m’a fallu trouver du temps, beaucoup de temps, pour ma famille, pour mon travail, me reposer et dormir surtout. J’ai dû me fixer certaines priorités pour naviguer entre ses multiples tâches. »

La clé du succès de Cottecheese Pierre ? « Je suis quelqu’un qui ne lâche jamais », répond-t-elle avec fougue. « Ce projet, je ne le fais pas pour moi, ce projet dépasse ma personne », ajoute-elle sur le même ton. Elle se décrit comme une personne qui « cherche là où il y a de la lumière, qui ne laisse pas mourir, qui se bat de toutes ses forces ». Et cette année, Cottecheese a eu beaucoup de partenariats pour RootSa. Tenir cette marque de vêtements lui demande beaucoup de travail, c’est une « passion » pour la jeune femme, jamais elle ne pourra abandonner. C’est là que se trouve toute l’explication de son succès. Avec fierté, elle ajoute :

« Je crois en la créativité des femmes et leur sens du travail bien fait. »

Vive, réactive, elle saisit les opportunités au vol. Avec une confiance en elle, insufflée par sa famille, sa belle-famille, ses amis, elle ne laisse pas les bruits de l’extérieur la distraire de son objectif, de son travail. Elle va vers les autres pour construire son réseau, pour grandir, et chercher des opportunités « parce qu’il y a toujours de la place à se faire quelque part ». Et c’est le conseil qu’elle donne à toutes les femmes qui souhaitent entamer le même chemin qu’elle.

Aujourd’hui, elle veut faire plus encore avec RootSa, entre autres, ouvrir des boutiques physiques, habiller les artistes haïtiens, organiser des ventes privées, mettre sur pied un atelier en Haïti. Elle caresse jalousement, aussi, le rêve de réaliser un festival de mode qui rallierait la communauté haïtienne à ses racines, à ce qu’on a oublié de l’Afrique, la cuisine, les traditions. Ce n’est pas uniquement pour faire la connaissance ou apprendre un petit peu plus de ses racines. Ce serait surtout pour se comprendre, en tant qu’homme ou femme noire, en tant qu’Haïtien ou Haïtienne. « Réclamer en quelque sorte son héritage, car il y a beaucoup de méconnaissance » explique-t-elle. Et en matérialisant son idée dans son esprit, elle raconte :

« Il y aurait beaucoup de vêtements et des créateurs qui partagent leurs cultures. Partout où il y aurait des communautés afro descendantes, je les inviterai à venir prendre part. Je préparerai une collection du tonnerre. Une qui dirait voici la marque RootSa, il faut y adhérer. »

Hervia Dorsinville

dhervia04@gmail.com

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