L’agronome Rébetha Charles opte pour la transformation agricole via son entreprise « REB Lokal »

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Rébetha Charles, mue par le desir de se lancer dans les affaires, a fondé en septembre 2020 une entreprise de transformation alimentaire baptisée REB Lokal. Basée dans la ville de Jérémie, elle redonne vie aux surplus d’aliments recueillis après les récoltes.

Consciente du nombre de pertes agricoles et de cueillettes invendues, Rébetha, adepte du développement durable s’est donnée pour mission de trouver une solution pour palier ce problème. Elle a donc décidé de quitter son travail en août 2020 pour créer son entreprise.

« J’ai lancé l’entreprise dans ma cuisine. J’ai évalué les frais et dépenses nécessaires au démarrage ainsi que mon premier stock de produits. Le premier investissement m’a coûté 1000 gourdes (moins de 10 usd actuellement). À cette époque, l’entreprise produisait uniquement des chips de banane. Aujourd’hui, REB Lokal, en plus de fonctionner par le biais de ses fonds propres, compte plus d’une trentaine de produits sur le marché.

Mettre fin aux gaspillages alimentaires est le leitmotiv de Rébetha. Le processus est simple. À travers REB lokal, elle collabore avec un réseau de fournisseurs de la cité des poètes et des poétesses. Ce dernier est constitué d’organisations de paysan.ne.s, de planteurs et de petit.e.s marchand.e.s qui leur livrent directement les matières premières.

« L’entreprise permet de diminuer la quantité de pertes post-récolte en encourageant une agriculture durable. L’entité commence à produire plus. Un constat qui nous pousse fort souvent à nous approvisionner dans les marchés », souligne celle qui a étudié l’agronomie à l’Université des Grandes Antilles.

Gaspillage alimentaire, un des indicateurs de l’ODD12

En 2015, l’ONU a adopté un agenda qui regroupe 17 Objectifs de Développement Durable (ODD ou Agenda 2030). Selon ce qui est évoqué sur le site des Nations Unies, ils sont un appel mondial à agir pour éradiquer la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité d’ici à 2030. Le douzième objectif de l’agenda concerne la consommation et production responsables.

La gestion efficace des ressources naturelles communes et l’ élimination des déchets toxiques et des polluants sont des cibles clés pour atteindre cet objectif. Réduire de moitié le gaspillage alimentaire mondial par habitant chez les détaillants et les consommateurs est également essentiel pour créer des chaînes de production et d’approvisionnement plus efficaces, lit-on sur la page Web du PNUD en Haïti.

1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, tandis que près de 2 milliards de personnes souffrent de faim ou de malnutrition, toujours selon le PNUD en Haïti.

Du sucré au salé pour le plaisir des amoureux des produits locaux

Selon Germaine Pierre, spécialiste en marketing, le packaging (emballage en français) est le lien qui rapproche le client et la marque de produits. À en croire Madame Charles, son entreprise réussit à vendre ses produits de façon très attrayante. Leur emballage est fait pour marquer les esprits.

En ce qui attrait au prix et et à sa présence sur le marché, elle assure que tout va pour le mieux. « Les produits de REB Lokal sont très originaux, ils sont abordables. C’est ce qui facilite leurs intégrations sur le marché »

La marque REB Lokal compte une panoplie de produits destinés à satisfaire l’envie des grandes personnes comme celle des bébés. On retrouve de la farine de l’arbre véritable, de pomme de terre, de manioc, de tonmtonm, de la poudre de gingembre, de safran, de djondjon, de la confiture de tomate, de carotte, de betterave, d’ananas, de mangue, de papaye, du beurre d’arachide (mamba), du sirop de canne, du chanmchanm, du thé, pour ne citer que ceux-là.

Pour mieux écouler les stocks et s’asseoir sur les marchés, les produits disponibles dans le département de la Grand’Anse. Ils sont également présents dans les rayons de cinq supermarchés de la capitale.

Néanmoins, en dépit du bon retour des consommateurs présents à Port-au-Prince, l’entreprise a été obligé de cesser sa distribution dans la zone et à cause de l’entrée sud du pays qui est quasiment impraticable à cause des conflits entre gangs armés.

« L’insécurité nous perturbe beaucoup. Elle paralyse notre distribution surtout à Port-au-Prince qui représente un grand marché pour nous », signale  malheureusement Rébetha Charles qui a évolué pendant plusieurs années dans l’humanitaire pour plusieurs organisations comme ACTED, OIM et PNUD.

Dans l’espoir que les autorités trouvent une issue à cette situation qui touche de plein fouet les activités de bon nombre d’entrepreneur.e.s, Madame Charles espère pouvoir continuer à produire et faire prospérer son entreprise. Pour elle, une situation sécuritaire et politique stable est la seule garantie de poursuite des activités économiques.

Diane Bissereth


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