JE RACONTE

Rapport de résidence de recherche artistique, par Magdala Louis

Mise en contexte et description de la résidence

Dans le cadre du programme de résidence artistique proposé chaque année par l’association Festival Quatre chemins, on m’a octroyé une bourse. Ma résidence de recherche avait pour but d’aboutir à l’écriture d’un scénario. La zone de la résidence a été à la commune de croix des bouquets, du 3 août au 3 septembre 2020, spécifiquement à Santo 8, Rue Laraque, Affection Hôtel Impasse Elva #56, la maison APOLECT. Étant donné que le ranch qui héberge les jeunes de la sélection nationale de football est dans cette commune, j’ai tenu à être plus près du ranch afin de pouvoir m’y rendre plus facilement et plus souvent.

Le scénario est basé sur l’histoire de Zili, une jeune adolescente passionnée par le foot, qui rêve de jouer comme footballeuse professionnelle mais son père, Pierrot un tailleur à temps partiel et alcoolique à temps plein, fait tout pour l’en empêcher . Quand sa mère, qui a été la seule à pouvoir confronter Pierrot, est morte d’une pneumonie, Zili se retrouver embarquée dans les tâches ménagères quotidiennes. Ce qui l’empêche de pratiquer son loisir favori. Conscient soudainement du talent de Zili, son grand frère Patrice commence à l’encourager et lui présente un recruteur professionnel qui s’intéresse très vite à elle. Ce qui ne plait pas à Pierrot.

Découvrant par sa grand-mère, les causes d’une pneumonie et comment ça se traite, Zili se fâche et déballe sa rage contre son père en l’accusant de ne pas pouvoir prendre soin de sa famille. Pierrot la gifle et la met à la porte… De là commence le pèlerinage de Zili vers son rêve. Elle est humiliée harcelée, violée mais, se bat quand même contre les inégalités et les injustices sociales.

Démarches et difficultés

Depuis un mois avant la résidence, je prévoyais de faire une visite guidée au ranch de la croix des bouquets. Je voulais visiter le lieu d’entrainement et les dortoirs. C’est primordial de présenter une image plus ou moins réaliste dans mon film.

J’étais en contact avec quelqu’un qui y travaille, il répondait mes messages jusqu’à ce que je lui ai expliqué ce que j’attendais de lui. Je ne vais pas sous-entendre que je ne savais pas que ça allait être difficile compte tenu du sujet que je traite dans mon projet mais je ne m’attendais pas à ça. Pendant un mois, le monsieur a ignoré mes messages royalement. Il les a tous lus par contre, point de réponse. Je l’ai appelé, rien du tout.

J’ai contacté un autre ami qui est chroniqueur sportif, il m’a envoyé un contact. Malheureusement, c’était le même monsieur. Du coup, j’y ai pas eu accès au ranch de croix des bouquets qui est au centre de mon histoire. C’est alors que j’ai eu l’idée d’écrire à un journaliste qui est co-auteur des articles qui dénoncent le président de la fédération. Il a été enchanté de communiquer avec moi à ce sujet. J’ai consulté ses articles et ses vidéos, ce sont les faits les plus détaillés de la réalité du ranch. Et pour compléter, j’ai participé à des championnats professionnels au parc Ste Thérèse.

Ayant fini avec la partie professionnelle du football, j’ai entamé des recherches sur la pratique du football dans les quartiers. Je suis retourné à Martissant, mon ancien quartier pour voir si on y jouait encore aujourd’hui et ce qui a changé. Ce qui m’a un peu déçu d’une part parce que j’ai dû changer des tas de détails dans l’histoire de départ. D’une autre part ça va arranger le réalisateur de pouvoir tourner les scènes autre part.

J’avais prévu quinze jours pour les recherches de terrains et les consultations et, quinze jours à l’écriture. Pour respecter le délai et me plier à la disponibilité de mes consultants, j’ai mélangé les rendez-vous. A la fin de la journée je mettais les informations reçues à la catégorie auxquels ils correspondaient.

J’ai contacté des femmes œuvrant dans le secteur du genre et dans les organismes feministes, j’ai lu des témoignages de femmes violées, de femmes qui ont subi des violences conjugales, que je ne pourrai pas détailler dans ce rapport.

 J’ai fait une visite au local de Sosyete Koukouy sise à Santo 6, c’est un mouvement qui vise à prôner le créole. J’ai estimé que ce serait profitable à mon travail qui est en grande partie en créole de consulter les spécialistes de la langue, plus en est qu’il est basé dans ma zone de résidence.

Ensuite, j’ai consulté des professionnels du cinéma haïtien, particulièrement Gilbert Mirambeau de Muska group qui est intéressé par mon projet et qui souhaite produire le film.

J’ai engagé un correcteur qui est aussi écrivain afin de m’aider à peaufiner mon travail d’écriture, on s’est rencontrés une fois par semaine pour pouvoir discuter des avancements.

Conclusion

J’avais la prétention de décrire quelque chose que j’espérais être minime en mon for intérieur. Mais malheureusement, c’est bel et bien vrai. Le viol et le harcèlement existe dans le milieu du football, et c’est parfois un monnaie d’échange.

J’ai progressé considérablement dans mon travail et jusqu’à aujourd’hui, je continue de creuser le sujet. Ce n’est pas normal d’être en 2020, et de pas pouvoir dénoncer les bourreaux sans perdre notre dignité en tant que femme.

Avec le film que je vais réaliser, je compte relancer le débat. Apprendre aux filles/femmes que ce n’est pas à elles d’avoir honte, qu’elles ne sont pas les coupables. Qu’elles ont le droit de pointer leur agresseur afin de mettre fin à ce système qui corrobore la culture du viol.

Magdala Louis

(509) 43802121

Email : lmagdala93@gmail.com

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