RENCONTRES

Marie-Ange Claude : le goût des poèmes

Marie-Ange Claude, est la première femme récipiendaire du prix René Philoctète de la poésie, organisé annuellement par la Direction Nationale du Livre.  Son manuscrit « Kaskad peyi » lui a valu le premier prix du concours sur plus d’une cinquantaine de candidatures en Décembre 2018. Plusieurs poèmes ont pris naissance sous la main habile de la poétesse qui, avec une grande passion et un brin de régularité, donne la cadence à ses proses et vers.

De l’inspiration et de la motivation

Née à Deschapelles, Marie-Ange Claude a fait des études en linguistique et en gestion respectivement à la Faculté de linguistique Appliquée (FLA) et à l’Institut National d’Administration de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI). Parallèlement, elle garde un intérêt bien particulier pour la poésie. Un amour qui se traduit tant par sa fréquentation de l’Atelier ‪Jeudi Soir – une association de production littéraire créée en 2007 et animée par l’écrivain Lyonel Trouillot – que par ses productions littéraires assidues. Elle a en effet publié plusieurs poèmes dans les colonnes du journal Le Nouvelliste, sa contribution dans l’anthologie de l’Atelier Jeudi Soir, et autres collectifs.

Très active sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram), la poétesse offre aussi de temps en temps aux amoureux.ses des lettres un bouquet de mots capiteux pour attiser leur soif de rêves. Et aussi, pour allumer dans leur âme l’étincelle d’humanité nécessaire à la construction d’un monde meilleur. Elle est, en fait, de celleux qui croient que la poésie peut sublimer le monde, à défaut de pouvoir le sauver. Ainsi, se met-elle à l’oeuvre en prenant part à tout ce qui correspond à cette quête de beauté et de bonté: salons du livre, récitals, échanges littéraires, concours…Une implication, un don de soi, qui n’est pas resté sans récompense, en 2020, elle a été nominée au Concours international de poésie la différence, prix Maurice Koné.

Écrire, c’est d’ « être aussi dans la perte »

Ecrire demande du temps, et mobilise encore plus d’énergie en contexte de crise… Cela n’a jamais été facile d’écrire d’ailleurs fait savoir Marie-Ange Claude. Pendant le confinement, il s’agissait de jongler avec la patience. Certaines fois, elle se retrouvait bloquée, l’inspiration ne coulant pas comme elle l’aurait voulu. Et elle confie qu’elle dut parfois revenir à un poème ou tout simplement l’abandonner, car elle admet être aussi dans la perte quand elle écrit, pour répéter ses propos:

« Il m’arrive de me perdre en écrivant un texte, je ne cesse pas cependant de creuser au fond de moi pour trouver l’essentiel. Je crois que nous portons chacun en nous une part de beauté, une mélodie, une lumière que nous pouvons traduire en mots du moment que nous avions le courage de faire le long chemin qui mène à notre âme. »

Elle continue pour dire : « Gandhi a ainsi raison lorsqu’il avance que le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde. Mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même… Pour moi le plus beau voyage c’est d’aller vers soi-même, et il n’y a pas mieux qu’un poème pour réaliser ce grand saut dans l’inconnu de l’être. »

Marie-Ange Claude regorge de projets d’écriture : collaboration à des livres collectifs, publication dans des anthologies et des revues ici et à l’étranger pour l’année en cours. Elle travaille aussi sur deux projets de poèmes, l’un en créole et l’autre en français. Elle assure les peaufiner lentement mais sûrement et vouloir prendre son temps pour publier quelque chose de beau: « Je veux offrir des vers qui pourront faire voyager. Pour moi le talent d’un artiste réside dans sa capacité à révolutionner le réel et ouvrir le champ des possibles, les fenêtres du futur, comme une bouffée d’air en partage. »

Dans ce cas, il n’est que d’attendre ce qu’elle nous réserve !

Jeanne-Elsa Chéry

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