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Laura Louis : la journaliste aux histoires taboues

Dynamique, enthousiaste, Laura incarne à la fois la fougue d’une journaliste convaincue et passionnée et l’élégance d’un esprit responsable. Nombreux sont celles et ceux à avoir fait la connaissance de Laura Louis à travers au moins un de ces articles qui nous a plus ou moins interpellé.e.s par l’originalité de l’histoire qui s’y raconte.

Mais qui est réellement Laura Louis ? Jeune, bien formée, cultivée et ouverte sur le monde, avec son verbe puissant et son sens de responsabilité, la journaliste représente l’archétype de plusieurs jeune etudiant.es. en journalisme. Née à Port-au-Prince, Laura a passé entièrement son enfance dans sa ville natale et y a fait ses études classiques. Elle vient d’une famille de sept enfants dont elle est la benjamine, elle fait des études de Travail social à la Faculté des Sciences Humaines à Port-au-Prince. Elle aime lire dans ses moments de solitude et adore dormir, elle l’a dit avec un rire : ‘« Quand je n’ai aucun travail à remettre, aucun devoir, j’adore rester chez moi et dormir ». Laura aime son rapport aux gens que le métier de journalisme lui confère en quelque sorte, elle s’intéresse vraiment à leurs problèmes, ce qui met un plus dans ses papiers. « Je m’intéresse à la vie des gens, les détails qui font la vie des gens : ce qui leur fait rire ou se fâcher mais je m’intéresse à surtout à ce qui n’intéressent pas les autres et dont ils ne parlent pas : un métier, une pratique, une coutume, un phénomène et c’est ce qui me différencie des autres personnes dans les médias et dans la vie courante, parce que je cherche les détails intéressants dont on ne parlent pas et ça me permet de mieux les comprendre et d’être beaucoup plus tolérante», avoue-t-elle. Sa passion pour l’écriture journalistique l’a menée à Ayibopost en 2018, média pour lequel elle écrit au profit de toute une multitude de lectrices et lecteurs avides d’histoires tirées de leurs propres quotidiens. La jeune journaliste aborde généralement des sujets dont on passe généralement à côté ou du moins qu’on ne donne pas trop d’importance mais qui nous ronge silencieusement. C’est en partie ce qui nous rapproche de sa plume, on a l’impression qu’elle comprend notre vécu quotidien et nos problèmes les plus intimes. C’est d’ailleurs ce qu’elle dit aimer dans le métier de journalisme : « une personne n’a peur de se confier à toi en t’avouant ses plus gros problèmes, même ceux dont elle a du mal s’avouer a elle-même parfois, qui relève du privé et dont la personne a besoin d’en parler pour se soulager un peu et on se doit de respecter ça . »

Apprendre aux gens nos mœurs cachées, mettre au grand jour les vices dont personne ne veut parler, sensibiliser la société sur certains sujets, exposer les métiers et pratiques les plus ingrats et les moins gratifiants, éduquer la population tels sont les buts que s’est fixés Laura à travers ces différents articles. Etant petite, elle regardait beaucoup la télé et a toujours voulu reproduire ce qu’elle regardait, à savoir parler des filles, des problèmes que rencontrent les gens, etc. En grandissant, elle a pu rester attentive à ce qui l’entoure et poursuivre son rêve d’enfant. Une des choses dont elle est plus fière est son sacrement comme lauréate aux examens d’Etat en Bac I, « en fait, je l’espérais tellement et c’est arrivé, j’étais très heureuse », explique-t-elle. Elle a été également la première femme à être lauréate du prix de l’OIF de la presse écrite en Haïti depuis les cinq (5) ans que dure le concours ; et aujourd’hui, elle est très fière de son travail, particulièrement ses articles sur : Bayakou (le métier le plus ingrat en Ayiti et l’un de ses premiers articles), Tate Tifi (test de virginité de majorité de jeunes filles en Ayiti), Lendilòt (difficulté des jeunes à avoir de l’intimité dans leurs relations sexuelles), Fistule obstétricale (la maladie de la honte qui ronge les femmes) etc. Cependant, Laura est loin d’être totalement satisfaite de ses travaux vu qu’elle considère qu’il y a encore beaucoup à faire et que les sujets pouvaient être traités avec plus de profondeur.En ce qui a trait à ses aspirations, Laura préfère finir ses études en Travail social et ne pas parler de rêves pour le moment avant de prendre de nouvelles initiatives et de s’adapter à l’évolution du monde. Superstitieuse ? A la question comment elle considère le métier de journalisme, elle dit que c’est le métier le plus humain qu’elle connaisse vu que l’on côtoie les gens pour apprendre leurs problèmes, les entendre, leur parler et on voit qu’ils ont besoin de se confier…Elle s’intéresse aussi particulièrement aux problèmes de genre puisque cela concerne toutes les femmes mais elle soutient qu’heureusement dans son travail elle n’est victime d’aucun traitement de rapport au genre. Tout le monde est traité de la même manière et peut écrire sur le sujet qui lui plait. Elle lance ce message aux jeunes filles : « Je pense que les jeunes femmes doivent croire en leur capacité. Elles doivent se cultiver autant qu’elles le peuvent et les opportunités viendront comme par hasard . »

Il n’y a aucun doute que Laura Louis, est une journaliste bourrée de talents, une jeune studieuse, rêveuse, passionnée, exigeante envers elle-même : elle est une révolution silencieuse. En plus de son art dont l’originalité est étourdissante et son engagement comme journaliste, elle incite à l’effort, elle fait rêver, elle passionne.

Rodeline DOLY

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