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Quand j’ai publié Ala Rive Lavi en 2016, la principale critique que j’ai reçue concernait la langue du livre. Il était vu d’un mauvais œil qu’une jeune autrice publie un livre en créole. Pis, son premier. Il est vrai que la grande littérature haïtienne est surtout une littérature d’expression française et très peu de textes en créole sont rentrés dans le panthéon des classiques haïtien.
Cependant, de 2016 à 2021 beaucoup de choses ont évoluées et c’est avec plaisir que je constate le progrès opéré non seulement dans la production littéraire faite par des femmes, mais aussi la production littéraire en langue créole.
En effet, le prix Deschamps a permis à deux autrices: Fedia Stanislas et Saika Ceus, de publier leurs romans respectifs tous deux écrits en créole haïtien. S’il est vrai que ce ne sont pas les prix qui font les auteurs, voir le travail d’ écrivaines reconnu et récompensé est un véritable plaisir et un indicateur du changement qui s’opère dans la littérature contemporaine en Haïti.
Livres en folie, comme noyau d’étude, montre clairement que si beaucoup de jeunes filles manifestent le désir d’écrire, peu d’entre elles sautent le pas et arrivent à être publiées. Loin de moi de dire que cette situation relève d’une volonté farouche des maisons d’édition de ne pas publier des femmes.
Pour en revenir au prix Dechamps, deux livres créole primés de suite, est un moyen d’étoffer le catalogue en créole de la littérature haïtienne.
Toujours dans le cadre des avancées réalisées dans la littérature d’expression créole en Haïti, nous avons aujourd’hui un festival qui non seulement donne de la visibilité aux autrices et auteurs qui publient dans les deux langues, mais aussi et surtout celles et ceux qui font le choix politique de ne publier que en créole. Certainement il y aura des gens pour dire qu’un festival réserver exclusivement à la littérature en langue créole n’est pas nécessaire puisque en Haiti nous sommes bilingue, mais je prends le risque de mettre ceux la dans le même panier que ceux qui estiment que le mouvement féministe n’a plus lieu d’être aujourd’hui du fait des divers avancés du monde contemporain.
Le grand bond en avant de la production littéraire en créole haïtien ne semble pas pressé de s’arrêter et c’est le cœur plein d’espoir que de souhaiter qu’il ne s’arrête pas. Surtout maintenant qu’une maison d’édition spécialement dédiée à cette littérature, en l’occurence “Floraison” a vu le jour, et permet à des jeunes autrices comme Cherlie rivage d’être publiés, et lus.
Melissa Béralus

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