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La quatrième édition du Festival Nouvelles vues Haïti est prévue le 11 au 15 novembre 2020

Ce jeudi 5 novembre 2020, quelques responsables du Festival Nouvelles vues Haïti dont Wendy Désert, présidente et coordonnatrice du festival, Séphora Monteau, coordonnatrice du festival et Lindy Michel, assistant en communication ont donné une conférence de presse au local de “Le centre d’art” , à la rue Roy, pour annoncer la tenue prochaine de leurs différentes activités sous le thème”Afrique et sa diaspora.”

Pour briser les clichés d’une Afrique en proie à la famine, l’instabilité politique et la guerre, Festival nouvelles vues Haïti nous invite, cette année, à admirer la terre de nos ancêtres sous le regard des réalisateurs-ices africain-e-s comme Maryam Touzani avec son film Adam, David Constantin avec son film Lonbraz Kann, et Mounia Meddour avec son film Papicha, “coup de coeur du festival de cette année” selon Sephora Monteau. C’est d’ailleurs avec ce film que se fera l’ouverture officielle et la clôture du festival à la salle Lumane Casimir, Triomphe 1, le 11 et le 15 novembre 2020, à 5hres 30 pm.

Plus de 40 films portés par des cinéastes africains seront proposés, environ six lieux de projection. D’après les responsables, l’un des principaux objectifs du festival c’est de réclamer des salles de cinéma. C’est d’ailleurs dans ce contexte de militantisme pour la réhabilitation et la construction de salles de cinéma que le festival a pris naissance. Il importe absolument pour eux d’attirer l’attention sur le secteur du septième art. Relativement jeune, riche en diversité, sans oublier cette photographie présente dans les films avec des ressemblances frappantes avec Haïti, les responsables du festival se sentent dans l’obligation de se rapprocher de l’Afrique, cette fois-ci, en se débarrassant des lunettes de l’homme ou la femme occidental-e.

Le public aura aussi le plaisir de découvrir ou de redécouvrir des films haïtiens comme Kisa lanmè di de Arnold Antonin, Kafou de Bruno Mourral et tant d’autres. Comme nouveauté pour la quatrième édition du festival, il y a le concours de courts métrages Afrique-Caraïbes. “Dans le but de stimuler les artistes africain-e-s, caribéen-ne-s et de renforcer les liens tissés par l’histoire. Ce sera aussi un prétexte de mettre en exergue l’immense héritage culturel africain et afro-descendant, très présent dans les films.” Soutiennent les responsables. “Seuls les cinéastes originaires des pays d’Afrique, de la Caraïbe et d’Haïti sont éligibles à participer à la compétition de court- métrage.”

Entre autres, il y aura des rencontres, des ateliers, des conférences, en présentiel et en ligne dans le strict respect des normes sanitaires, portés sur l’évolution du cinéma africain. Ce qui pourrait servir de source d’inspiration au cinéma local. Les invités de cette année sont:

Miquelange Quay, Diplômé de la Tisch School of the Arts de New York en 1997, est un cinéaste américano-haïtien. Il a réalisé plusieurs films qui ont été sélectionnés et primés dans des festivals internationaux avant de venir enseigner le cinéma à Ciné Institute de Jacmel. Son court-métrage L’Évangile du cochon créole a été présenté au Festival de Cannes en 2004. Son premier long métrage, Mange ceci est mon corps, une coproduction franco-haïtienne, sorti en 2008.

Mario Delatour, il a créé sa propre compagnie de production “Amistad Films” en 2001 et a réalisé plusieurs films documentaires. En 2002, il produit 40 ans après…Roussan Camille, un portrait du talentueux poète haïtien décédé en 1961. Son dernier long-métrage Kafe Negro, sortie en 2020, raconte la migration des haïtiens à Cuba par le prisme de la culture du café.

Gilbert Mirambeau Jr., scénariste et producteur haïtien, il travaille depuis 2013 comme producteur et scénariste pour Muska Group, une société de production audiovisuelle basée en Haïti. Il écrit et produit des publicités, des films d’entreprises, et une série télévisée éducative pour enfants intitulée Lakou Kajou. Gilbert a coécrit et coproduit son premier moyen-métrage, Kafou, qui a remporté plusieurs prix et nominations.

Arnold Antonin
Réalisateur haïtien, Arnold Antonin est connu autant dans son pays qu’à l’international pour son engagement social, politique et culturel. Il a été honoré pour l’ensemble de son œuvre dans le cadre de la remise du Prix Djibril Diop Mambety au Festival International de Cinéma de Cannes en 2002. Il a reçu deux fois consécutives le prix Paul Robeson du meilleur film de la Diaspora africaine au FESPACO à Ouagadougou en 2007 et en 2009.

Keziah Jean
Photographe et l’une des rares femmes haïtiennes à travailler en tant que cinéaste professionnelle. Keziah Jean est diplômée du Ciné Institute de Jacmel. Elle a co-fondé le journal La voix des femmes où elle revendique la place des femmes dans l’audiovisuel en Haïti.

Rachèle Magloire
Réalisatrice et productrice. Née à Port-au-Prince, Rachèle Magloire a grandi au Québec après que sa famille a fui la dictature de François Duvalier dans les années 60. De retour en Haïti en 1987, elle a travaillé comme reporter à Télé Haïti et collaboré à l’hebdomadaire Haïti en marche puis à la télévision nationale d’Haïti. Depuis 1995, elle réalise des documentaires télévisés sur des sujets de société au sein de Productions Fanal qu’elle a cofondé avec Carl Lafontant, caméraman et réalisateur. En 2011 au festival Vues d’Afrique, Rachèle a reçu avec sa sœur Laurence, le prix CIRTEF (Conseil International des radios et télévisions d’expression française).

À noter que le festival nouvelles vues Haïti se tient habituellement en mai mais en raison de la pandémie, il a été repoussé jusqu’à ce mois de novembre. Pandémie ou pas, le festival nous propose, cette année, le cinéma africain en guise de miroir, de médiateur entre les pays d’Afrique et ceux de sa diaspora.

Manicheca Colas.

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