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La deuxième édition de la quinzaine de poésie féminine de Plimay fait un glissement vers les pages

L’édition 2020 de la Quinzaine de poésie féminine de la plateforme de littérature contemporaine, Plimay, prend le chemin des pages à travers une anthologie. Une aubaine, donc, pour celles et ceux qui se réclament de la génération papier, qui aiment respirer le livre et écouter le froissement des pages.

« Voix de femmes» est le titre de cette anthologie. C’est la plateforme Plimay, portant aujourd’hui le chapeau d’éditeur, qui signe la publication de ces textes rassemblés sous la direction des poètes Dierf Dumène et Raynaldo Pierre-Louis.

« Voix de femmes » est illustrée d’un tableau du peintre Salvatore Gucciardo et présentant des visages de femmes tapis entre ciel et nuage blanc.

Ce livre, plutôt coquet par sa structure et sa composition, chemine sur 200 pages environ. Il propose, à travers « des paroles écrites en français et en créole », quelques « épis de l’âme du monde ».

De paris à Port-au-Prince, de Rome à Téhéran en passant par Skopje, Bruxelle…, ce sont 35 voix/voies de femmes qui dialoguent, se rejoignent. Et, se sont actionnées pour parfois parler au monde des lieux de choses blessées et de désir de recommencement. De perte et de douleurs qui rêvent de répit.

« Le poème prend ma détresse
et la tord en jets de douleurs »

D’autres fois, d’amour crié à haute voix et parfois tout bas, presque balbutiant.

« jounen an leve ak kò fèmal
pal
tankou fon je m
k ap chache fon je w pou l abrite »

D’autres fois encore, d’un coup de gueule contre la marche du monde. Contre le regard appliqué aux femmes. Et le tout, à hauteur de mer, d’arbres, de nuages, de coquillage et de chant d’oiseaux.

« À toutes les femmes bafouées
Roses maculées de sang bleu
Jetées aux orties comme de vulgaires objets »

« Voix de femmes » est à bien des endroits saisie d’ombres, ombres que la force des poèmes et la lumière de la parole qui les amène éclaboussent.
Cette anthologie propose des poèmes d’une grande richesse esthétique. Si toutes les voix sont dans la dynamique à « déjouer l’accoutumance dans le langage », certains prolongent le dire convenu, avec leur intelligence propre du vers, d’autres cependant se prêtent au jeu d’un certain éclatement, nous ouvrant à des rythmes nouveaux.

Evelyne Trouillot, préfacière et contributrice elle aussi nous livre sa lecture : « Une quête de soi, au-delà des déchirures et de la souffrance, un besoin de se dire et de s’affirmer avec force et beauté, malgré la solitude, malgré l’angoisse, dans toutes ces voix de femmes qui « cherchent un abri à/leur poème » . Une nature différente et pourtant pareille dans ses fonctions traversent les textes offrant parfois au corps des ailes pour s’envoler et des racines pour s’ancrer ».

Adlyne Bonhomme

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