COUP D'OEIL

De plus en plus de femmes en Haïti intéressées à la chronique sportive

Le journalisme sportif est peu pratiqué par des femmes en Haïti. Mus’Elles allume ses projecteurs sur certaines animatrices de radio-télé de plus en plus intéressées au métier.

Contrairement à d’autres pays, il est des métiers qui s’exercent très peu par des femmes en Haïti. Soit à cause des pressions de la société qui pèsent de tout leur poids, soit parce que ces métiers sont assujettis à la gente masculine. Dans ce lot de métiers, figure le journalisme sportif qui, trente ans avant, ne s’exerçait que par des hommes. Mais de nos jours, de plus en plus de femmes s’y intéressent depuis plus de deux décennies maintenant.

Nous n’avons pas pu trouver vraiment une banque de données disponibles sur les premières femmes journalistes sportives en Haïti. Mais selon nos recherches, plusieurs figures ont sué sang et eau pour sortir leur tête de l’eau et se distinguer dans la profession. Nous pouvons ainsi parler de Solange Maitre qui, ancienne joueuse de la sélection haïtienne de football, animait une émission sportive sur Galaxie au début des années 2000. Ensuite, il y a eu Yolda Jean-Marie qui occupait les antennes de la station de Télémax de 2005 à 2010. Nous pouvons également citer Lysiane Ernest qui animait une émission sur les ondes d’une radio à Saint-Marc. Et enfin, Vasty Désir qui travaillait à Radio Kiskeya dans les années 2000.

De la passion avant tout

La plupart des journalistes rencontrées lors de la réalisation de ce reportage confient être, avant tout, soit des anciennes joueuses de foot soit des passionnées de sport, tout simplement. Ce qui explique, d’ailleurs, l’absence des femmes dans ce secteur, car culturellement, les femmes ne sont pas amenées à aimer la discipline sportive. C’est un métier qui est généralement pratiqué par des hommes en Haïti. Malgré ce manque d’éducation au sport dans les familles haïtiennes, certaines femmes ont réussi à y faire carrière. 

« Pour moi, le football est une passion. Je l’ai toujours dit, ce n’est pas moi qui l’ai choisi, mais c’est plutôt l’inverse. Je ne me suis jamais vue comme une femme au milieu des hommes. Je me vois tout simplement comme une personne qui fait son travail. Je fais simplement quelque chose que j’aime », avance fièrement Ginadelle Augustin, journaliste sportive depuis 2015 à Radio-Télé Ginen, qui croit qu’il n’existe aucun métier qui ne soit exclusivement réservé  aux femmes ou aux hommes.

« Le métier de journaliste sportif est un métier très discriminant dans le pays. N’importe quelle femme ne devient pas animatrice sportive en un jou, si celle-ci n’a pas un amour pour ce métier », opine Bertinie Cherizard, journaliste depuis maintenant 9 ans. Elle travaille à Radio Ibo. Le métier de journaliste sportif est bien plus qu’un métier pour certaines femmes, mais parfois un remède. « Certaines fois quand je suis fâchée, il me suffit de prendre un micro pour animer un match de foot pour que je retrouve de la joie et de l’énergie. Le sport est à la fois pour moi un plaisir et une passion. Je ne sais pas quand je vais arrêter de vivre ce plaisir », renchérit Ginadelle Augustin, citée plus haut.

Un secteur en plein essor

Durant ces deux dernières décennies, de plusieurs médias haïtiens recherchent des journalistes sportives pour animer des émissions de sport. Nous pouvons compter désormais plus d’une dizaine de médias tant dans la capitale que dans certaines villes où les émissions sportives sont animées par des femmes. Le secteur évolue un peu plus chaque jour, reconnaissent les journalistes avec lesquelles nous avons parlé. « Dans presque chaque émission sportive, de nos jours, on entend une voix féminine. Il faut dire qu’il y a pas mal de progrès», reconnait Mme Cherizard.

La liste des femmes journalistes sportives dans le pays ne fait que s’allonger de plus en plus. Davantage de femmes s’y intéressent et le pratiquent fièrement.

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