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Connaissez-vous Yanick Jean?


Yanick Jean est une poétesse et artiste peintre haïtienne. Surtout connue comme la défunte du poète Syto Cavé et mère du chanteur Alan Cavé, Yanick Jean est malheureusement peu connue pour son verbe d’une grande douceur et ses procédés rappelant les surréalistes français, et encore moins pour sa peinture aux influences cubiste et expressionniste.

En effet, l’œuvre de cet artiste est passée sous silence depuis sa mort. Deux raisons expliquent cela: la première étant que l’ombre de deux hommes autour d’elle ne lui ont pas laissé assez de lumière pour être connue à sa juste valeur. En effet, morte avant d’avoir pu laisser une œuvre considérable, par le nombre, au contraire de son veuf, Syto Cavé, ou de son fils Alan.
La deuxième raison est un choix purement éditorial des maisons d’édition actuelles de ne pas rééditer son œuvre afin de la rendre accessible aux nouvelles générations de lecteurs. Il est difficile de faire rentrer dans la postérité une œuvre qu’on ne connaît pas et qu’on ne saurait découvrir étant donné qu’elle n’est pas disponible.
C’est par un ami que j’ai pour la première fois entendu parler de cette poétesse multitalent décédée le 10 juin 2000, et c’est ensuite, dans les rayons de la bibliothèque du Centre pen Haïti que j’ai eu le bonheur de la lire, car oui, lire yanick jean est un vrai bonheur.
La poésie contemporaine haïtienne est différemment codée depuis Castera, et à force de vouloir faire du Castera de plus en plus, la nouvelle poésie haïtienne autant en créole qu’en français semble ressembler à une bouillie de phrases nominales sans suites et sans vraies références culturelles, ni intellectuelles ou sans véritables “raisons artistiques”. Dans le pire des cas, c’est aujourd’hui une poésie pornographique qui pense révolutioner le monde mais qui ne revolutionne meme pas les codes de la pornographie qu’elle copie. Alors c’est comme une bouffée d’air frais que j’ai reçu la poésie de Yanick jean.
Son texte disponible dans quelques bibliothèques est le recueil: “La fidélité non plus” que Mémoire d’encrier, et elle seule avaient pris la peine de rééditer. Et dans ce dernier nous pouvons lire:
*Comme la branche ensoleillée néglige l’ombragée tu me crois sucre et labeille et miel

Et parce que ton corps est aveugle à mon corps, tu me crois sève au soleil…


Sans tomber dans la paranoïa, les femmes ne sont-elles pas en droit de se demander si le silence autour d’artistes telles que Yanick jean ne participe pas à un silence délibéré et une invisibilisation de leur travail? 
Si vous souhaitez en savoir plus sur cette autrice, je vous conseille l’article de Ile en Ile disponible sur leur site, il existe aussi une vidéo d’elle lisant des extraits de son livre disponible sur Youtube. De plus, il existe un manuscrit inédit d’elle qui ne demande qu’à être publié, libre maintenant aux maisons d’éditions intéressées de rentrer en contact avec sa famille pour avoir accès au manuscrit…

Melissa Béralus

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