Le Sant Kiltirèl Lawouze (SKL) a clôturé, dimanche 21 juillet 2019, la deuxième édition du Camp d’Été Lawouze à Lascahobas. 25 adolescentes bénéficiaires de cette activité parascolaire ont eu l’occasion d’apprendre le théâtre, la peinture, le macramé, quelques danses folkloriques haïtiennes, les jeux d’échec et les techniques du secourisme. Elles ont reçu aussi des cours de tambour et appris comment lire et résumer un texte à l’aide d’une formation intensive d’environ un mois.

Ces 25 adolescentes ont présenté au public, lors de la cérémonie de clôture, leurs œuvres picturales et artisanales, des créations théâtrales et des chorégraphies de danse qu’elles ont apprises et réalisées en atelier durant les vacances d’été. L’objectif du Camp d’Été Lawouze est non seulement de renforcer les capacités créatives et réflexives des participant-e-s mais aussi et surtout de les aider à développer la conscience citoyenne transformatrice tout en favorisant leur plein épanouissement, a expliqué Claudine Nozil, l’une des accompagnatrices et membre du SKL.   

« Nous avons constaté qu’en période vacances les élèves notamment les adolescentes sont détachées des activités intellectuelles et académiques. Elles sont livrées à elles-mêmes. Ainsi nous avons proposé aux parents l’idée d’organiser ce Camp d’Été. Ils ont bien accueilli le projet et nous ont confié leurs enfants depuis la première édition », a fait savoir Abydarlyne Jouth, responsable du SKL. Elle a ajouté que « Notre intérêt à travailler avec les enfants consiste à lutter contre la médiocrité, l’irresponsabilité et le manque d’engagement dont sont victimes la jeunesse haïtienne qui fait face à une crise de repères et de modèle. Si vraiment nous voulons transformer notre société, il faut orienter les enfants vers des valeurs positives leur permettant de devenir des citoyens et citoyennes responsables » , a-t-elle précisé.   

Cette année, Il n’y a que des filles qui participent au Camp d’Été Lawouze, même si ce n’était pas dans l’intention d’exclure les garçons. « J’avoue que c’est très intéressant de travailler avec les filles dans une société qui malheureusement lie encore les activités domestiques aux filles », s’est réjouie l’accompagnatrice, Claudine Nozil. Pendant l’Été, des filles ont découvert des métiers attribués aux garçons dans la société haïtienne où les valeurs machistes et patriarcales dominent encore. L’expérience des filles au cours de cette période est très révolutionnaire et elle est perçue comme une victoire sur cette société, a conclu madame Nozil avec un sentiment de satisfaction. Ce même sentiment a traversé les parents, le public et une partie de la population qui ont contemplé les prestations des adolescentes. 

Une délégation d’enfants venue du foyer Notre Dame de Lourdes de la Croix-des-Bouquets a offert une performance agrémentée de théâtre et de danse. Elle était venue pour échanger et partager ses expériences avec les bénéficiaires du Camp d’Été Lawouze. Ainsi, elle a présenté un spectacle de théâtre intitulé : Tout timoun gen menm dwa, mise en scène par Denise Charles. Ce spectacle revendique les droits de tous les enfants quelle que soit leur origine sociale.

Le SKL fait un travail intéressant à Lascahobas pour guider des enfants vers un meilleur avenir dans un pays où l’éducation est en chute libre. Les initiatives du SKL sont à encourager pour offrir aux enfants un meilleur accompagnement.

Léo D. Pizo Bien-Aimé