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18 mai entre les murs

C’est le 18 mai. Une journée qui porte l’empreinte de Catherine Flon. C’est la fête du drapeau. Notre bicolore. Merci à elle pour cette partie de son âme qu’elle laisse à la mémoire du temps.

Il y a devant le lycée Faustin Soulouque à Petit-Goâve, un buste la montrant avec son visage patriotique, qui coud le drapeau haïtien. Petit-Goâve, ma ville aux mille couleurs. En cette journée du 18 mai, elle me ramène une très belle partie de mon adolescence.

À cette époque, l’innocence de la vie m’aveuglait, ou peut-être l’innocence de l’âge. Je peux me tromper en disant une telle chose. Il se peut que la vie soit une pâte à modeler que chacun manie à sa guise. Je ne vais pas me figer là-dessus. Je profitais du mieux que je pouvais de mon adolescence. Mes rires pouvaient sauter des murs.

J’avais une passion: la danse. Je commençais à danser le hip-hop avec un certain Don-Z. Après, je me dirigeais dans le club de latino avec Carlo. On était jeunes, on dansait. On s’amusait. On faisait tout pour se faire plaisir. Pour s’épanouir.

Mais, en dehors de la danse, puisqu’on on ne vit pas que pour soi, je m’inscrivais à la Croix-Rouge jeunesse. Devenue membre, je participais dans les activités de volontariat. Ensuite j’étais devenue, toujours volontairement, pair éducatrice ANK (Ansanm Nou Kapab). C’était un programme pour lutter contre le VIH/SIDA.

Au-delà de la vie qui ouvre sa maladresse dans nos mains. Dans nos cœurs. Sous nos pas. Je célèbre cette journée historique en ma mémoire d’adolescente. Entre les murs qui m’étouffent, je marche en corps à corps avec un passé plus vivant qu’un demain inconnu. Je renouvelle ces sorties en groupe avec ce team qui se nommait New-York.

Ce team, la plupart, de ceux qui le composaient habitaient à la rue Dessalines. Moi je vivais à Béatrice. Et la croix rouge jeunesse nous unissait. À Port-Salut, à Fort-Jacques, à l’ Arcahaie, à Montrouis, je contemple mes éclats. Jusqu’à atteindre l’autre moi.

Reconnaitre ma lumière perdue entre le temps qui s’abat craquement d’orage dans mes regards. Je ne me lasse pas d’habiter ces lieux très attentifs à la vie. Là où le silence est une offrande à l’âme.

À cette heure de la journée cousue entre les mains de Catherine, je suis à Aquin. Je recherche une paix intérieure. J’offre mes mains aux sables qui côtoient mes gestes nus. Mes pas tapent sur les vagues sur cette plage où j’ai connu la mer.

CP: ZC photography

Modèle: Nivrose Forestal

Adlyne Bonhomme

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